L’Autriche, vignoble de caractère au grand charme

Un véritable coup de cœur pour le vignoble autrichien, dont les origines remontent à la plus haute Antiquité. Un vignoble aussi modeste par la taille – 44.000 hectares pour environ 0,6% du vignoble mondial(1) – que grand pour ses vins. Notamment autour des cépages riesling et grüner veltliner. Ce qui nous vaudra un arrêt incontournable au Domäne Wachau, le long du Danube, pour mieux comprendre ces deux cépages.

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Mais également pour les grands vins rouges du Burgenland. Rencontre avec deux viticultrices exceptionnelles, amoureuses de la nature, au talent certain, au caractère bien trempé et d’une gentillesse sans égale. Ensemble, et avec 9 autres vigneronnes autrichiennes, elles ont créé le mouvement « 11 women & their wine », pour mettre davantage en avant, la femme dans le monde du vin. 
Découvertes…

Domäne Wachau, au sommet de l’appellation

Coopérative de haut vol avec quelques 250 vignerons impliqués sur près de 400 hectares – chacun d’entre eux ayant des parts dans la société – le Domäne Wachau nous a séduits pour ses grands terroirs de blancs.

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Les parcelles les plus escarpées de ce domaine situé sur le 48e parallèle nord et qui trônent fièrement sur les hauteurs du Danube à une altitude de 200 à 500 mètres, possèdent des sols pauvres de gneiss, schiste et quartz qui donnent au riesling et au grüner veltliner une tension et une minéralité remarquables. « Tout est vendangé à la main pour être le plus précis possible sur les maturités», nous explique Roman Horvath MW, le directeur du domaine.

Nous visitons le vignoble en compagnie de Heinz Frischengruber, l’œnologue du domaine. Un duo fort sympathique formé par les deux hommes. « La Wachau est la région la plus fraîche du pays », nous commente Heins. Voilà pourquoi ses grands blancs sont aussi réputés.

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Et d’ajouter, « bienvenue dans l’un des plus anciens paysages culturels d’Europe ; une gorge de 33 km de longueur, aux paysages uniques et à la flore et à la faune rares, qui font de la Wachau une région nommée au Patrimoine culturel mondial par l’UNESCO ».

En marchant le long des sentiers qui bordent Singerriedel, l’un des grands crus de la vallée(2), on se rend bien compte de la difficulté de travailler certaines parcelles. L’érosion est importante et le travail en terrasse est souvent indispensable. Ici, le principal labeur de l’hiver consiste à reconstruire des parties de murs écroulées. Un travail de fourmi et un éternel recommencement qui forcent l’admiration.

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« Bien que la plupart des vignobles soient ici plantés sur le versant droit du Danube (exposition plein sud), de plus en plus de vignerons plantent sur l’autre rive ; recherchant davantage de finesse dans leurs vins », ajoute Heins. Peut-être est-ce là, un nouveau virage pour la région ? À suivre.

Judith Beck, leçon de biodynamie

Bienvenue dans le Burgenland, l’État le plus plat du pays, mais aussi le plus chaud et donc le plus précoce pour la maturité des raisins. Reconnu pour la qualité de ses vins rouges, il s’étend depuis la frontière Slovaque au nord, jusqu’à la frontière Slovène au sud, tout en longeant la frontière hongroise.

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Nous sommes attendus chez Judith Beck. Sourire aux lèvres, elle nous accueille en pleine dégustation et nous invite à nous joindre à la table. Le ton est donné dans une ambiance des plus chaleureuses. Judith a commencé ses premières vinifications en 2001 aux côtés de son père. Elle convertit l’intégralité du vignoble en biodynamie en 2007 avec l’aide d’Uli, son mari.

Pour elle, « le saint-laurent et le blaufränkisch sont deux cépages très intéressants, aussi complexes à vinifier que compliqués à travailler, mais au potentiel fabuleux ». Sa cuvée St Laurent Schafleiten 2013 en est un bel exemple : un vin gourmand, gorgé de fruits noirs et d’épices.

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La biodynamie pour Judith et Uli, c’est l’objectif de produire des vins authentiques avec un profil d’arôme individuel, tout en maintenant sains, les sols et les vignes.

« Nous encourageons la formation de l’humus, en appliquant régulièrement du fumier que nous préparons nous même et en cultivant de l’herbe entre les rangs. Les infusions à base de plantes (orties, camomille, prêle…) et les pulvérisations biodynamiques tels que le fumier de corne et la silice de corne, utilisés sous la considération des rythmes de la lune, renforcent naturellement la résistance et la maturation physiologique des raisins », ajoute Judith lors de la visite du vignoble. Quelques poules gambadent librement autour de nous.

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Ils font également partie de l’association Pannobile, un groupement de 9 domaines favorisant la production de cépages locaux, dans le respect des traditions et dégustant collégialement les vins des différents domaines. Une belle initiative.

Domaine J. Heinrich, le blaufränkisch dans toute sa splendeur

Silvia Heirinch est pour moi, LA grande dame du blaufränkisch en Autriche. En 2010, elle reprend les rênes de J. Heirinch, le domaine familial de 36 hectares.

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Sa première prise de décision : l’arrachage de tous les blancs. Elle a toujours cru dans le potentiel des rouges ici et sa production s’en ressent. Des vins purs, généreux et taillés pour la garde pour les plus grandes cuvées. Avec un vignoble à 75% tourné vers le blaufränkisch – aux côtés de zweigelt, pinot noir, cabernet sauvignon, merlot et syrah – Sylvia est une vigneronne comblée. « Nous avons un métier unique : on peut à la fois imaginer notre produit, le façonner avec nos mains et en même temps y goûter. Chaque année est une chance de pouvoir faire quelque chose de nouveau », s’enthousiasme-t-elle.

Nous visitons le Golberg, un vignoble surnommé « le grand cru des rouges », perché à 210m d’altitude et à moins d’un km de la frontière hongroise. Ici, sur ce terroir d’exception, sont produits les grands vins du domaine.

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Et ça n’est pas pour rien si cette femme aux multiples casquettes – maman le soir, viticultrice et œnologue la journée, mais également sur la route une partie de l’année pour promouvoir son domaine – a été élue œnologue de l’année en 2014. « Être viticulteur, ça n’est pas travailler huit heures par jour, c’est un mode de vie. Travailler avec la nature exige de la patience, de la sérénité et beaucoup d’humilité ».
Et d’ajouter : « mes parents ne voulaient pas que je devienne vigneronne. Ça n’était pas un métier de femme pour eux. Mon père était un bon vigneron mais n’avait pas la passion. Il a fini par prendre sa retraite et c’est comme ça que j’ai eu ma chance ».

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L’an passé, Silvia a même fait construire une cabane sur sa parcelle du Golberg, un petit havre de paix, où elle vient se ressourcer aux beaux jours.

Quelques très jolis vins autrichiens dégustés lors de notre périple :
Bambule! 2014, du domaine Judith Beck (vin blanc nature 100% neuburger)
Riesling Smaragd Kellerberg 2014, du Domäne Wachau
Alte Reben 2011, du domaine J.Heinrich (100% blaufränkisch – “Coup de Cœur“ Wine Explorers)
St Laurent Schafleiten 2013, du domaine Judith Beck
Elegy 2011, du domaine J.Heinrich (50% Cab. Sauv, 50% merlot)

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

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Merci aux domaines J.Heinrich, Judith Beck et Domäne Wachau pour leur accueil chaleureux. Et un grand merci à Barbara Handl d’Austrian Wine pour avoir permis ces belles rencontres.

 

(1) Source : OIV, 2016
(2) Le Domäne Wachau est le seul producteur de toute la région viticole de la Wachau à produire du vin sur tous les vignobles célèbres du Wachau, tels que le Loibenberg, l’Achleiten, le Tausend-Eimer-Berg, le Singerriedel ou le Kellerberg.

La Hongrie, bien plus que des grands liquoreux

« Il n’existe pas un village hongrois sans une cave ».
Voilà qui résume bien la culture du vin en Hongrie, ancrée dans l’histoire depuis l’Antiquité et la conquête de la rive sud du Danube par les Romains.

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Ayant souffert du communisme jusqu’à la fin des années 90 – comme de nombreux pays de l’Europe de l’Est – le vignoble hongrois se restructure petit à petit, avec un retour progressif à des vins de qualité. Le pays compte aujourd’hui quelques 150 000 hectares de vigne(1), répartis sur 22 régions.
D’est en ouest, focus sur deux d’entre elles : Tokaj et Etyek-Buda.

Tokaj, terre d’aszú et de puttonyos

En arrivant depuis Budapest, la route n’est qu’une succession de champs verdoyants. Puis soudain, surgissent de petites montagnes en forme de dômes, tels des champignons tout juste sortis de terre. Sur ces collines, de la vigne plantée en coteaux.

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Bienvenue à Tokaj, 3ème plus grande appellation hongroise avec 5500 hectares plantés(2). Une ancienne région volcanique sur les contreforts des Carpates, classée au Patrimoine mondial de l’Humanité depuis 2002, où l’on comptait autrefois plus de 400 volcans en activité.

Ici on parle aszú et puttonyos. Coincé entre les rivières Tisza et Bodrog, le vignoble de Tokaj bénéficie de conditions idéales pour le développement du fameux Botrytis cinerea. Une fois les raisins atteints de pourriture noble récoltés grain par grain (!), ce sont ces unités de mesure qui vont déterminer le niveau de sucre et la concentration des vins(3). Ces derniers sont vieillis au moins trois ans dans des caves traditionnelles, où se développe sur les murs un champignon noir, le Cladosporium Cellare, qui aide au développement du vin.

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Nous visitons avec admiration les tunnels naturels que forme la cave d’1km du Château Dereszla, où pas moins de 1000 barriques couvent amoureusement une partie de l’or liquide de Tokaj, dans une humidité constante de 90%.

Quelques grands liquoreux hongrois issus du cépage furmint, dégustés lors de notre périple :
Tokaji Muskotaly Réserve 2003, du Château Dereszla (“Coup de Coeur“ Wine Explorers)
Tokaji Aszú 2006, du domaine Samuel Tinon
Tokaji Aszú 6 Puttonyos 2008, du domaine Demeter Zoltán
Tokaji Aszú 6 Puttonyos 2008, du domaine Grof Degenfeld
Tokaji Aszuescencia 2003, du domaine Erzsébet Pince

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Un vignoble en pleine mutation tourné vers les vins blancs secs

La région de Tokaj n’est pas qu’une (grande) région de liquoreux. Au contraire, il est important de s’y diversifier avec une production de vins blancs secs. « La production du dernier Aszu remonte à 2010 dans la région. Depuis, les conditions climatiques ne permettent pas la production de liquoreux ; ou bien une production en quantités extrêmement faibles. Et les petits domaines qui ne font que des vins liquoreux sont actuellement en danger », nous explique László Kalocsai, directeur du Château Dereszla, au cours d’une dégustation de vins blancs secs pris sur cuves passionnante (en vue d’assemblages).

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De plus, la région reste la plus pauvre de Hongrie(4) avec 4/5 du vignoble géré par des agriculteurs qui ont moins d’un hectare en moyenne et n’arrivent pas à en vivre. Un programme gouvernemental a ainsi été mis en place pour développer le tourisme dans la région de Tokaj. Avec un budget de 300 M€ qui s’étale de 2013 à 2020, il est supposé aider en priorité les petits domaines familiaux(5).

Quelques très jolis vins hongrois (hors liquoreux) dégustés :
Ré:serve 2012, du domaine Abraham Pince (100% furmint)
Tokaj Szamorodni 2007, du domaine Samuel Tinon (“Coup de Cœur“ Wine Explorers)
Tokaji Kabar 2013, du Château Dereszla (100% kabar – un cépage unique à Tokaj, avec seulement 11 hectares)
Cabernet Franc 2012, du domaine Demeter Zoltán
Kékfrankos 2013, du domaine Etyeki Kúria (100% kékfrankos, équivalent du blaufränkisch autrichien)

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Une production de vins effervescents se développe également en Hongrie depuis environ 8 ans. Le domaine Grof Degenfeld, converti organique depuis 2008 et produisant une délicieuse cuvée “Furmint Sparkling Brut 2011“, en est un bel exemple.

Samuel Tinon, le génie discret de Tokaj

Samuel Tinon est né dans les vignes à Sainte-Croix-du-Mont, une autre belle région de liquoreux(7). En 1991, il a 21 ans quand il arrive en Hongrie. Samuel apprend le hongrois sur place et devient rapidement directeur de la Royal Tokaj Wine Company, la première joint venture entre l’est et l’ouest, créée en 1989. Il a déjà de l’or dans les doigts. En 1999, il crée son vignoble avec 5 hectares sur l’appellation Tokaj.

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Avec sa femme Mathilde Hulot – correspondante pour de nombreuses revues viticoles et co-auteur d’ouvrages viticoles de référence(6) – ils s’installent sur la commune d’Olaszliszka en 1998, au coeur du grand cru Hatari.

Samuel cultive deux cépages : le furmint et l’harslevelu, plantés sur des sols d’argile, de tuff et de lœss, sur les coteaux du Zemplén (pente entre 30 et 40% orientée plein sud). Parmi ses vins – qui, je dois le reconnaître, sont tous délicieux – un m’a littéralement mis KO : son Szamorodni sec. Un vin – ou plutôt une méthode à la base – qui signifie « comme il vient » en polonais, à une époque où les travailleurs ramassaient les grappes botrytisées entières (et non pas grain à grain).

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Samuel en fait une version en sec avec un élevage sous voile. Un vin unique au monde et qui fait partie à ce jour des grand coups de cœur Wine Explorers, tant pour sa complexité, que pour l’émotion qu’il nous a procuré. Un pur moment de méditation.

Etyek Buda, l’autre visage (prometteur) du vignoble hongrois

La région d’Etyek est connue pour le vin depuis 200 ans ; notamment ses sols de craie et sa production de vins effervescents. Pourtant, elle ne fait pas toujours figure de favorite lorsque l’on parle des vins hongrois. À tort…

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Le domaine Etyeki Kúria en est un formidable exemple de réussite. Débuté en 1996, il s’est notamment fait un nom grâce à sa production de vins rouges ; excellents avec les cépages pinot noir et kékfrankos. Sára Matolcsy, la propriétaire, a fait appel à Sándor Mérész en 2009 – l’un des grands œnologues du pays – pour la gestion des 26 hectares (plus 17 hectares dans la région de Sopron).

À eux deux, ce duo de choc fait d’Etyeki Kúria l’un des fleurons de la région.

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Conclusion (incontournable) sur l’Eszencia, un nectar très rare que nous avons eu le plaisir de découvrir au Château Dereszla et qu’il faut goûter au moins une fois dans sa vie tant ce vin liquoreux est une explosion de parfums et de saveurs. Pourquoi ? Imaginez un sirop de raisin en réalité, issu des meilleurs raisins botrytisés vendangés grain par grain, fermentant parfois plus de vingt ans en bonbonne de verre, avec plus de 600g de sucre, moins de 3° d’alcool et 17g d’acidité… Voilà, tout est dit.

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Château Dereszla, Grof Degenfeld, Erzsébet Pince, Demeter Zoltán, Samuel Tinon, Abraham Pince, Tokaj-Hétszőlő et Etyeki Kúria pour leur accueil chaleureux.
Merci à Gergely Somogyi, éditeur chez Tokaj Today, pour nous avoir si bien guidés dans nos pérégrinations viticoles à Tokaj. Pour plus d’info sur les visites de vignobles organisées par l’agence dans la région de Tokaj : www.tokajtoday.com.

(1) Source : Sommeliers International
(2) Sur les 11 000 hectares d’appellation Tokaj en Hongrie, seulement 5 500 hectares sont plantés.

(3) Une unité d’aszú équivaut à 25 kg. Après macération, le vin est filtré et de nouveau mis en fût de chêne pour vieillir pendant au moins deux ans. Puis il est mis en bouteilles et reste en cave au moins trois ans, dont deux en fût de chêne. Le vin ainsi obtenu, appelé « Tokaji Aszú », est commercialisé dans des bouteilles de 50 cl. Ainsi, 4 puttonyos signifie un minimum de 90 g/L, 5 Puttonyos minimum 120 g/L, 6 Puttonyos minimum 150 g/L et Aszú Eszencia minimum 180 g/L.
(4) Avant la seconde Guerre Mondiale, plus de 25% de la population était juive. Beaucoup d’entre eux ont été déportés et la région s’est industrialisée et mécanisée, entraînant chômage et pauvreté.
(5) D’après un calcul du gouvernement, il faut en moyenne 10 hectares à un producteur pour réussir à vivre de sa production. => Une personne qui viendrait s’installer dans la région recevrait 10 hectares, gratuits sur 30 ans (déjà plantés) + 30K€ + 60K€ d’un crédit avec des intérêts à 1,9% sur 20 ans + un contrat d’achat pour l’achat des raisins + programme de marketing du vin pour la promotion de Tokaj.
(6) Quelques ouvrages de référence sur le vin co-écrits par Mathilde Hulot : Le petit Larousse des Vins : Connaître, choisir, déguster, 1900-2000 : Un siècle de millésimes, Visages de Vignerons-Figures du Vin, Voyage au-dessus des vignobles de France ou encore Les 100 vins cultes. Pour plus d’info sur Mathilde Hulot : http://mathildehulot.com.
(7) Le sainte-croix-du-mont, ou appellation sainte-croix-du-mont contrôlée, est un vin français d’appellation d’origine contrôlée produit sur la commune de Sainte-Croix-du-Mont. Avec les appellations cadillac et loupiac, ils forment ensemble une petite région produisant des vins liquoreux au sein du vignoble de l’Entre-deux-Mers, dans le vignoble de Bordeaux. L’AOC sainte-croix-du-mont s’étendant sur 500 hectares plantés des cépages sémillon, sauvignon, et muscadelle.

La Slovaquie, un vignoble de charme en pleine reconstruction

On ne peut que s’émerveiller devant la beauté du vignoble slovaque.
Vieux de 3000 ans, il se concentre dans le sud du pays, le long des Carpates(1).

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Après avoir été durement marqué par plus de 40 ans de socialisme réel(2) et la collectivisation des vignobles par l’État, le secteur viticole slovaque est désormais en plein boom et regorge de domaines plus intéressants les uns que les autres. Certains ont fait le choix de la production, achetant exclusivement leurs raisins aux viticulteurs. D’autres, plus récents, ont investi dans la vigne et créé leur propre domaine. Rencontre avec trois d’entre eux.

Une viticulture moderne qui a souffert du “socialisme réel“

Passé de 30 000 hectares en 1990, à moins de 17 000 hectares aujourd’hui(3), le vignoble slovaque se reconstruit lentement.

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Après la Révolution de velours de 1989, les sociétés viticoles étatiques commencent à péricliter. Les vignerons, jusqu’alors tenus de leur vendre leurs raisins, se retrouvent en grande difficulté. Deux solutions s’offrent à eux : continuer à vendre à d’autres établissement viticoles naissants, ou bien mettre le vin en bouteille et fonder leur domaine.

Pour aider la viticulture à se remettre sur pied, la Slovaquie – après avoir obtenu son indépendance en 1993 – prend la décision d’appliquer une politique protectionniste sur les vins à l’importation, encourageant ainsi une progression qualitative de la production locale pendant près de 10 ans(4). Permettant ainsi aux vignerons de vendre toute leur production en Slovaquie à bas prix, sans concurrence étrangère.

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Divisé en six régions – Petites Carpates et Slovaquie orientale à l’ouest, Nitra et Slovaquie centrale au sud, Slovaquie méridionale et Tokaj à l’est – le vignoble slovaque se tourne désormais vers une production plus qualitative. Pour preuve, un système d’appellations contrôlées est mis en place en 2009.

Mrva & Stanko, l’exemple réussi d’achats maitrisés

Créé en 1997, le domaine Mrva & Stanko est né de la rencontre de deux hommes. Mr Mrva, vigneron de talent ayant fait ses armes dans de nombreux pays d’Europe, et Mr Stanko, homme d’affaires slovaque. Ils commencent avec 12,000 bouteilles et font tout de suite le choix d’acheter à des producteurs pour se concentrer exclusivement sur l’investissement dans l’équipement (chai, cuverie, barriques…).

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“En Slovaquie, c’est normal de séparer la partie vignoble de la partie production. Un hectare coûte très cher“, explique Mr Mrva, qui confie avoir préféré partir vinifier en Autriche pendant la période communiste. Compréhensible lorsque l’on est passionné et que l’on souhaite produire de jolis vins.
Produisant aujourd’hui 400,000 bouteilles, le domaine Mrva & Stanko a bien grandi mais reste pourtant qualitatif, n’achetant des raisins qu’à 2h30 de voiture maximum du site de production, pour un meilleur contrôle régulier de la conduite de la vigne. Ainsi, les viticulteurs sous contrat avec lesquels ils travaillent, se situent tous aux envions du 48e parallèle nord (équivalent de Vienne en Autriche, Munich en Allemagne, ou Brest en France).

Nous rencontrons un vigneron travaillant pour Mrva & Stanko. “Nous collaborons main dans la main et travaillons la vigne selon les recommandations de Mr Mrva. Chacun y trouve son compte et c’est très agréable“, explique-t-il.

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Nous terminons par la visite des caves du domaine. Des casiers privés y ont été créés et sont loués à des clients fortunés pour y stocker les grands vins du domaine (un système que nous avions pu observer en Chine). Une démarche qui semble plaire à une clientèle longtemps privée de belles bouteilles. Comptez 600€/an pour un casier d’une centaine de bouteilles.

Tajna, le renouveau de la viticulture indépendante

Nouveau projet viticole très prometteur, le domaine Tajna est un formidable exemple du renouveau viticole slovaque. Partis de zéro, Rastislav Demes et son père plantent 16 hectares en 2011, sur la commune du même nom. “Une liberté d’action totale pour nous, tant dans le choix des cépages, que dans la conduite de la vigne et des équipements utilisés“, s’enthousiasme Rastislav.

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Avec son chai dernier cri entièrement automatisé, il n’a pas lésiné sur les moyens pour produire de grands vins. “C’est dans les détails que l’on fait la différence“.
Lors de la dégustation des vins, Rastislav nous propose de choisir la musique de notre goût. Très classe. L’ambiance jazzy est propice à un moment de travail et de convivialité. Et les vins du domaine, bien qu’issus de jeunes vignes, sont déjà très prometteurs – minéraux, droits et gourmands.
“Le substrat géologique des régions viticoles slovaques est très varié : du calcaire au granit, en passant par des roches volcaniques, des sédiments fluviaux et éoliens, la typicité du «terroir» slovaque est incontestable“ selon Rastislav.

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Nous terminons la journée par un délicieux Perkelt cuisiné par son papa, un repas traditionnel à base de viande marinée et de pommes de terre. Un régal.

Quelques vins slovaques dégustés lors de notre périple :
Rizling Vlassky Tramin 2014, du domaine Tajná (80% rizling vlassky, 20% tramin)
Vinolovca Exclusive 2013, du domaine HR Winery (70% rizling vlassky, 30% pinot gris)
Cuvée 2012, du domaine MRVA & Stanko (hron, vah, rimava, rudava)
Pinot Noir 2013, du domaine Tajná
Cabernet Sauvignon Barrique 2012, du domaine HR Winery

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HR Winery, une histoire de femmes avant tout

Créé en 2012, HR Winery est l’histoire d’un passionné de chasse et de vin, qui réussit à faire l’acquisition d’un vignoble de 230 hectares de vignes de plus de 30 ans. Souvent en déplacement pour assouvir sa première passion, il confie les rênes du vignoble à deux femmes. Beata Saskova, oenologue. Et Mila Kissová, la directrice des ventes. Toutes deux forment un duo de choc pétillant et plein d’énergie.

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En pleine visite du vignoble avec Beata, nous sommes amusés par la radio qui se met soudainement à chanter sur les hauts-parleurs du village, alternant deux morceaux de musique traditionnelle et un flash info pendant cinq bonnes minutes. Il est 15h. C’est l’heure de la réclame !

Nous ne découvrons pas moins de 26 cépages différents sur le domaine. Parmi eux, quelques uns sont emblématiques du pays, comme le rulandské biele (pinot blanc), le devín, le pálava ou le rizling rýnsky (riesling rhénan) en blanc ; le frankovka modrá, le svätovavrinecké (saint-laurent) ou le rulandské modré (pinot noir) en rouge. Aux côtés de variétés plus internationales.

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Au retour de la visite, nous improvisons une dégustation et une séance photo dans une salle remplie d’animaux empaillés. Les “trophées“ du domaine. Plutôt spécial.

Impossible de conclure cet article sans évoquer le célèbre vin de Tokaj.
Connu comme étant le “vin des rois, roi des vins“ en Hongrie, il fait l’objet de bien des dilemmes entre les deux pays depuis la Deuxième Guerre mondiale. Bien que la Slovaquie ait légitimement droit à l’appellation Tokaj et puisse en produire, seule la Hongrie est habilitée à le commercialiser au sein de l’Union Européenne. Une frustration de taille pour les slovaques.
Quoi qu’il en soit, l’avenir viticole du pays est bien là et son essor est encourageant. Un pays à découvrir d’urgence.

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines MRVA & STANKOHR Winery et Vino Tajná pour leur accueil chaleureux. Merci également à Miklós Jobbágy et Guyard Paul pour leurs précieuses recommandations de domaines.

(1) Source : Office national slovaque des statistiques
(2) Les partis socialistes connaissent dans le monde entier des scissions au cours des années 1920 ; se trouvant dès lors en compétition avec des partis communistes qui se réclament du « socialisme réel » (ou « socialisme réellement existant ») appliqué par l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), ce dernier pays étant proclamé « patrie du socialisme ».
(3) Source : Office national slovaque des statistiques
(4) C’est au moment de l’adhésion de la Slovaquie à l’UE le 1er mai 2004 que les producteurs ont dû rapidement affronter une concurrence internationale importante.

La Pologne, un pays où le vin a un goût de victoire

Quel beau pays… Je suis ému à chaque fois que je repense à notre séjour en Pologne et à la gentillesse de ses habitants.
Touché de plein fouet au siècle dernier par des guerres incessantes, frappé par un génocide sans nom, et avec un régime qui commence tout juste à s’assouplir, le pays est encore en pleine recherche d’identité et se reconstruit peu à peu, tel un phénix renaissant de ses cendres.

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La production de vin y est encore confidentielle. Pourtant, un véritable engouement pour la dive bouteille semble s’emparer de la Pologne.

Une scène viticole émergente

Imaginez : ce n’est qu’à partir de 2009 – après l’adoption d’une loi par le Parlement – qu’il devient légal d’acheter dans le pays du vin issu de raisins polonais… La possibilité pour les vignerons locaux de pouvoir commercialiser leur production et ainsi d’officialiser leur activité.
Une nouvelle ère s’ouvre pour la viticulture polonaise. En l’espace de quelques années, une scène viticole amatrice très animée se développe dans le pays, avec des groupements de petits producteurs, principalement dans les régions de Zielona Góra à l’ouest, de Wrocław au sud-ouest, et de Podkarpacie au sud-est.

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“La productivité se déplace sur la bonne voie“, explique Roman Myśliwiec, président de l’Institut polonais de la Vigne et du Vin(1). Aujourd’hui, on compte environ 400 vignobles amateurs, couvrant un total de 400 hectares(1).
Seuls une dizaine de domaines sont officiellement enregistrés (2). Nous avons rencontré trois d’entre eux.

Adoria Vineyards, un américain dans le vignoble

Né au milieu des vignobles californiens, Mike Whitney vit en Pologne depuis 1995. Ancien directeur financier pour de grandes sociétés, il a envie de s’établir définitivement dans le pays en y rencontrant sa femme. Et souhaite par la même occasion se lancer dans la production de vin.

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Seulement voilà, Mike a dû partir de zéro. Tant sur la partie technique, que pour l’achat de matériel. Un sacré défi qui l’a amené à voyager dans toute l’Europe à la rencontre de fournisseurs pour la construction et l’équipement de son chai.
Après un an et demi de recherches sur près de 300 sites, Mike s’établit en 2005 à Zachowice, au sud, sur des sols argilo-sablonneux. Il plante 3 hectares de pinot noir, chardonnay, riesling et bacchus dans cette ancienne région allemande devenue polonaise au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, après que les frontières de la Pologne aient été redéfinies par les Alliés. Tout un symbole.

« Nous n’avons pas fait tout cela par nous-mêmes », explique Mike en toute humilité. « Nous avons eu la chance de travailler avec une grande équipe de professionnels du monde entier sur ce projet, y compris des consultants d’Oregon et de Toscane.

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Au final, Mike est un homme comblé. “Être vigneron est un bon job de papa : je peux moduler mon temps de travail comme bon me semble“, s’amuse-t-il à raconter le soir au dîner, autour de délicieuses pâtes au pesto maison. Un plat idéal pour nous réchauffer en cette fin d’automne. Les vendanges sont à peine terminées et il fait déjà -3°C la nuit. Le chauffage au gaz tourne à plein régime dans le camping car.

Winnice Jaworek, de la métallurgie au vin

“Cette année est un bon cru“, nous confie Lech Jaworek, propriétaire de Winnice Jaworek. Le prêtre est venu bénir les raisins avant la vendange. Une tradition importante en terre catholique.
Lech Jaworek est ingénieur dans la métallurgie. Et c’est un peu par accident s’il a planté ses premières vignes en 2000, juste à côté de son entreprise de métallurgie.

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En 1995, après le changement de gouvernement, on lui fait comprendre que soit il achète les 120 hectares de propriété annexe avec tous les bâtiments et terrains, soit il ne prend rien mais abandonne son business. Pour ne pas perdre son entreprise, il n’a pas d’autre choix que de tout acheter. Mais que faire de tout ce terrain ? C’est là, qu’il a l’idée de créer un vignoble de 15 hectares sur cette ancienne terre viticole du XIVe siècle (à l’époque où les moines importaient des pieds de vigne pour faire le vin de messe). Une bien belle idée !

Pour l’heure, l’équipement est précaire et l’étiquetage des bouteilles se fait encore à la main. Dans l’attente de cuves inox, une chambre froide est improvisée avec beaucoup de malice. Du papier bulle recouvrant les grandes cuves pendant la fermentation.

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Mais les bâtiments sont magnifiques et semblent faits pour accueillir un véritable chai. Nul doute que cette ancienne ferme du XVIIIe siècle, avec ses briques rouges typiques au charme fou, ne devienne rapidement un lieu de dégustation reconnu.

Les cépages interspécifiques – ici solaris et regent – semblent donner de meilleurs résultats que le riesling et le pinot noir, car ils sont plus résistants. Et le brandy au miel de la maison, fait dans une colonne simple à distiller, réchauffe l’âme et régale les papilles.

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Quelques vins polonais dégustés lors de notre périple :
Chardonnay 2014, du domaine Adoria Vineyards
Metoda Tradycyjna NV, du domaine Adoria Vineyards (65% riesling, 35% bacchus)

Moscato 2013, du domaine Jaworek (100% muscat)
Marszalek 2014, du domaine Krokoszówka Górska (100% Maréchal Foch)
-et une curiosité : le vin cuit au miel Miodowe, du domaine Jaworek

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Krokoszówka Górska, le vin nature

Des milliers de jeunes polonais émigrent chaque année pour aller chercher du travail en Angleterre ou en Allemagne. Le travail de la terre se meurt. Tel est le constat sans appel que nous dresse Marek Górscy. À contre-courant d’une époque où le costume et la cravate sont plus à la mode que les bottes et le sécateur, Marek décide de quitter la bureautique pour devenir vigneron en 2005.

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“Aujourd’hui je ne regarde plus mon ordinateur au travail, je me lève et je contemple la nature“.
L’homme prend son temps et renoue avec ses racines. Ni collage, ni filtration, ni sulfite. Marek veut faire des vins « propres ». Avec un hectare de vigne et une production de 6 500 bouteilles, il réussit tout juste à dégager un revenu. Qu’importe. Cette liberté n’a pas de prix.

Le fait de rejoindre l’UE lui a permis – comme à d’autres jeunes vignerons en reconversion – de recevoir des formations sur la viticulture et l’œnologie.

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Marek nous sert un délicieux café polonais pour nous réchauffer. Cela nous fait penser au café turc. “Les températures peuvent descendre jusqu’à -20°C en hiver !“.
Faire du vin en Pologne reste un défi de taille.

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Adoria Vineyards, Jaworek et Krokoszówka Górska pour leur accueil chaleureux. Merci à mon ami Marc-Antoine Brekiesz pour sa précieuse mise en relation avec un traducteur polonais. Et enfin, un très grand merci à Rafał Kisielewski, pour nous avoir accompagnés dans nos recherches et pour nous avoir mis entre de bonnes mains lors de notre voyage en Pologne.

(1) Source : Polskiego Instytutu Winorośli i Wina
(2) Parmi la dizaine de domaines officiellement enregistrés dans la pays, on compte : Adoria Vineyards, Winnica Jaworek, Krokoszówka Górska, Winnica Maria Anna, Winnica Płochockich, Winnica Stara Winna Góra, Winnica Miłosz, Winnica Jura, Winnicy Golesz ou encore Winnica Wzgórza Trzebnickie
(3) http://www.krakowpost.com/

Le vignoble tchèque & ses trésors Moraves

Partis de Paris au début de l’automne, nous embarquons pour une tournée des plus bucoliques en Europe de l’Est, où nous programmons de sillonner la République tchèque, la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et l’Autriche, à bord de notre fidèle camping-car, le “bureau-maison-mobile“ de Wine Explorers.

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Après un voyage de 1280 kilomètres, effectué en deux jours, nous arrivons en Moravie, la principale région viticole tchèque (18.500 hectares pour 96% de la production du pays(1)), qui tient son nom de la rivière Morava, un affluent de la rive gauche du Danube arrosant la République tchèque, la Slovaquie et l’Autriche.
Nous y sommes attendus par trois domaines aux profils aussi atypiques qu’attachants.

Une viticulture qui se relève tout juste du communisme

Situé à la même latitude que le sud de l’Allemagne (50e parallèle nord), le vignoble tchèque fait partie des vignobles les plus septentrionaux. Les étés sont chauds et secs, les hivers longs et froids, offrant des vins aux profils très variés.
Mais avant de vous narrer les magnifiques découvertes que nous y avons faites, il est important de revenir sur trois dates clés de l’histoire tchèque, afin de mieux comprendre l’histoire viticole du pays. Car bien que la viticulture y remonte au IIe siècle (sous l’époque romaine), c’est au début du XXe siècle qu’elle connaît son apogée.

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1948 : apparition du mouvement communiste d’après guerre. Des changements radicaux s’opèrent dans le pays, aussi bien au niveau du vignoble (sous contrôle exclusif de l’Etat, privilégiant alors rendement et productivité), que de la culture et du patrimoine (les grands penseurs et les talents sont écartés du pouvoir ou emprisonnés) ;
1990 : fin des coopératives étatiques, ouverture des frontières et début des investissements privés, donnant ainsi accès à de nouvelles technologies et à une augmentation très nette de la qualité des vins tchèques ;
2004 : entrée de la République tchèque dans l’UE, avec une législation viti-vinicole conforme aux standards européens, mais également l’arrêt de l’extension de ses surfaces de production.

Avec 19.200 hectares plantés(2) aujourd’hui (0,2% du vignoble mondial), le vignoble tchèque pourrait donc en rester là, côté superficie. Affaire à suivre.

Sonberk, le renouveau de la viticulture tchèque

Bienvenue au sud de la République tchèque, à 25 kilomètres de la frontière slovaque, dans l’un des plus jolis domaines du pays. Sonberk, avec ses 45 hectares de vigne plongeant majestueusement sur le lac Thaya, est le premier vignoble tchèque à avoir pu établir en 2003 son chai au milieu du vignoble. 

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Une initiative impensable quelques années en arrière, lorsque l’ensemble des vignobles était sous contrôle étatique.

Principalement planté en riesling (13,5ha), chardonnay, palava et moravian muscat sur des sols de loess et de calcaire, Sonberk nous a littéralement époustouflés par la qualité de ses vins blancs. Admirant le couché de soleil depuis la terrasse, nous dégustons des riesling tendus, frais et d’une grande précision.
Pari réussi pour ce nouveau vignoble aux 150.000 bouteilles, qui a fait le choix de vendanges manuelles et d’un chai par gravité. Les veilles vignes de 30 ans, avec 3 mètres d’écart entre les rangs (système sous l’air communiste pour laisser passer les machines agricoles), ont été replantées à 1,9 mètre et taillées en guyot simple avec 7 à 8 branches.

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Ici et là, quelques ruches habillent le paysage. Les arbres fruitiers sont légion. Les citrouilles poussent par dizaines. Sonberk est un fier exemple du renouveau viticole tchèque.

Reisten, au sommet de la Moravie

En chemin vers notre prochaine visite, de l’autre côté du lac, nous admirons la beauté de la Moravie et ses nombreux châteaux, trônant sur les sommets des collines environnantes.
Arrivés sur les hauteurs de Pavlov, apparaît Reisten, un domaine de 30 hectares planté en 1999(3), au pied des ruines du château de Divci Hrady, une bâtisse du XIIIe siècle érigée sur le point culminant de la région, à 438 mètres d’altitude.

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Ici, les sols calcaires, très riches en calcium, obligent le système racinaire de la vigne à s’établir dans la roche, et semblent donner une typicité particulière aux vins blancs. Ce fameux goût de “pierre à fusil“, dont l’existence n’a jamais été prouvée d’un point de vue scientifique, mais que l’on retrouve indéniablement dans chacun des vins lors de la dégustation.

C’est la fin des vendanges ce matin. Après une matinée de tournage passée avec les travailleurs, nous profitons d’une promenade le long des sentiers escarpés qui mènent aux ruines du château. Le vent me cloue littéralement au mur. Il souffle comme ça plus de 300 jours par an.

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Quelques belles bouteilles tchèques dégustées lors de notre périple :
Riesling V.O.C 2013, domaine Sonberk
Maidenburg Palava 2013, domaine Reisten (100% palava)
Blanc de Pinot Noir 2014, domaine Stapleton & Springer
Ryzlink rynsky 2011, domaine Sonberk
CTVRTE Pinot Noir 2013, domaine Stapleton & Springer

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Stapleton & Springer, le pinot noir rock’n roll

Après un délicieux (et oh combien copieux !) déjeuner local, à base de soupe aux boulettes de viande, et d’un civet de biche en sauce, nous entamons la visite du domaine Stapleton & Springer, à 30km de l’Autriche.
Rencontre avec Jaroslav Springer, figure emblématique du pinot noir tchèque. Sa famille fait du vin depuis 300 ans. Quand il avait 6 ans, un hiver où il était obligé de faire les travaux de la vigne, il a fait si froid que les extrémités de ses doigts ont failli geler. Ce jour là, il s’est juré de ne jamais faire de vin. Comme quoi…on peut toujours changer d’avis.

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Amoureux de la Bourgogne, il ne jure que par le pinot noir, un cépage perçu comme “bourgeois“ dans le pays pendant la période communiste. Ses trois fils travaillent avec lui les 23 hectares que compte le domaine.
C’est un passionné et un acharné de travail, qui de surcroît a converti son vignoble de façon organique depuis 2007. Ne lui parlez pas de filtration, il déteste. Et l’homme a ses idées : « Je pense qu’exporter ses vins est stupide. Dans un monde idéal, tout le monde ne devrait vendre sa production qu’au maximum à 200 km à la ronde ». C’est un point de vu et je le respecte.

S’en suit une course à l’oie dans l’enclos qui jouxte le vignoble, pour le repas du soir. Jaroslav, après une traque de quelques minutes, finit par attraper la bête et la saigne sur place, dans l’herbe. De retour au domaine, et pour nous remettre de cette fin de balade mouvementée, Jaroslav prend sa guitare électrique et entame un morceau d’Iron Maiden. Le pinot noir a un air rock’n roll.

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Contrairement à la plupart des routes des vins du monde, la route des vins de Moravie est un vaste réseau de voies cyclables, pistes ou sentiers, serpentant à travers les vignes entre villages et autres sites pittoresques, sur plus de 1.200 kilomètres. Une invitation au voyage, et probablement le meilleur moyen de prendre le temps d’admirer la beauté de la République tchèque, en se promenant de cave en cave.
Avis aux amateurs, il se pourrait bien que vous ayez trouvé votre prochaine destination de voyage.

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Sonberk, Reisten et Stapleton & Springer pour leur accueil chaleureux.

(1) La seconde région de production étant la Bohème, à l’ouest, avec 730 hectares.
(2) Wine of Czech Republic, 2016.
(3) Le 1er millésime du domaine Reisten date de 2012.

La Suisse, un vignoble aux 3 visages

Il me tardait de vous parler de la Suisse. Un pays que j’aime profondément et où j’ai eu la chance d’habiter il y a une dizaine d’années, pour ma première expérience dans la dive bouteille.

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Bienvenue dans un territoire de grands vins, aux paysages verdoyants et à la diversité culturelle unique, au sein duquel 3 mondes que tout semble opposer cohabitent pourtant en parfaite harmonie.
Imaginez : d’un côté la Suisse Romande, où l’on parle français. De l’autre le Tessin, où tout n’est qu’italien. Entre les deux, la suisse alémanique – pièce maîtresse du puzzle – où l’allemand est roi. Et au milieu de tout ça, un “petit“ vignoble au grand charme de 15.000 hectares (l’équivalent du vignoble alsacien – soit 0,2% de la superficie du vignoble mondial (1)), s’étendant d’est en ouest. Visite guidée.

À la découverte des vins d’Argovie

Le choix dans la sélection des domaines à visiter fut complexe, tant les régions viticoles prometteuses sont légions en Suisse. Depuis les merlots du Tessin, en passant par les syrahs du Valais, le gamay genevois, ou encore le chasselas vaudois, le vignoble helvète recèle des trésors. Il compte même un peu plus de 200 cépages à son actif, dont un grand nombre sont autochtones (2).

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Nous décidons d’explorer le canton d’Argovie, au nord. Un petit coin de paradis niché à mi-chemin entre Bâle et Zurich. Nous y sommes attendus par Rahel & Daniel Buchmann, du domaine Buchmann Weine.
“Les vins d’Argovie bénéficient d’un micro climat très propice à la maturité des raisins, avec une belle exposition sud sud-ouest, une altitude moyenne de 500 mètres, la protection naturelle des forêts et de nombreuses vieilles vignes, comme ici avec des riesling-sylvaner (3) de 40 ans“, nous explique Rahel, jeune œnologue brillante qui vient tout juste de reprendre les rênes du domaine familial de 4 hectares.

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La région est belle, sauvage et préservée. Dans l’atmosphère, seules raisonnent les cloches des vaches, venues observer les curieux promeneurs que nous sommes. Le ciel dégagé, on aperçoit au loin les Alpes suisses. Le temps est à la méditation.

Vendanges matinales à Chiquet-les-Vins

Continuant notre route vers l’ouest, nous faisons cap sur le canton voisin de Bâle-Campagne, où Claude Chiquet, vigneron en reconversion depuis 10 ans, nous accueille pour une matinée de vendanges sous un doux soleil de fin d’été. Claude, qui dit en riant “ne pas savoir pourquoi il a commencé dans le vin“, a mis de côté sa vie passée dans les énergies solaires pour planter un unique hectare de vigne à Ormalingen, son village natal. 

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Parti de rien, il a voulu faire de Chiquet-les-Vins un domaine 100% bio dès le début. Le choix de cépages interspécifiques – ces fameux PIWI (4) dont nous vous parlions lors de notre visite du vignoble belge – s’est naturellement imposé pour Claude. “Des variétés nouvelles comme le sauvignon-soyhières ou le cabernet-jura ont besoin de quatre fois moins de traitement que des Vitis vinifera classiques et donnent ici de très jolis résultats“.
Et bien qu’ayant (encore) des doutes quant à la complexité des vins issus de PIWI, je dois admettre que les différentes cuvées de Claude m’ont agréablement surpris par leur tenue et leur longueur en bouche. Serait-ce là, l’exception qui confirme la règle ? Affaire à suivre de près lors de prochaines dégustations de ces nouveaux croisements…

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Quelques vins suisses à déguster sans tarder :

Clos du Couvent 2008 (100% chasselas), du Domaine de Maison Blanche
Aspra Maisprach 2014, du domaine Chiquet-les-Vins
Mondeuse Noire & Pinot Noir 2009, du Domaine de Maison Blanche
Mairah 2012, du domaine Chiquet-les-Vins
TEGERFELDEN Cabernet Dorsa 2013, du domaine Buchmann Weine

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Sur les bords du lac Léman

À personnage atypique, rencontre hors norme. Bienvenue chez Yves de Mestral, dans le Canton de Vaud. “Quoi de mieux qu’une visite en bateau depuis les eaux calmes du lac Léman, pour mieux comprendre ce terroir unique qu’est Mont-sur-Rolle“ ?, propose notre hôte. Nous voilà embarqués sur le voilier d’Yves, le temps d’un tour d’horizon du vignoble vaudois.

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Magnifique domaine en terrasse, aux pentes abruptes et clos de murs, le Domaine de Maison Blanche surplombe fièrement les rives du plus grand lac alpin d’Europe centrale, duquel il puise lumière et énergie.
L’équation idéale pour la culture du chasselas, un cépage blanc originaire de la région, connu pour faire des vins légers (ou comme raisin de table) et pas toujours apprécié à sa juste valeur.

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Un défi à la mesure du talent de ce vigneron au caractère bien trempé, qui a osé expérimenter sur ses vins des élevages sur lies ou en barriques, pour le plus grand bonheur de nos papilles. Car ses chasselas sont tout simplement à tomber par terre, tout comme ses cuvées de mondeuse et de pinot noir. Un vigneron à découvrir d’urgence.

Escapade gourmande dans les alpages fribourgeois

Impossible de quitter la Suisse sans vous faire (re)découvrir l’une de ses plus gourmandes et célèbres AOP : le Gruyère. Un fromage d’une grande complexité se mariant à merveille avec les vins blancs suisses. Rendez-vous est pris à la Maison du Gruyère pour une visite du processus de fabrication. Chaque étape est cruciale, depuis le choix du lait d’alpages (comptez 400 litres de lait pour une meule de 35kg !), en passant par le caillage, le bain de sel, la mise en cave et l’affinage (entre 6 et 9 mois pour un goût tendre et fruité, et jusqu’à 24 mois pour les amateurs de sensations fortes). Tout cela déterminera la palette aromatique de ce fromage aux mille et un parfums.

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Avec les doigts, sur un morceau de pain, fondu, ou en soufflé, le Gruyère régale et donne envie de chausser les skis.
Et pour ceux qui se poseraient encore la question : non, il n’a pas de trous !!!

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Chiquet-les-Vins, Domaine de Maison Blanche et Buchmann Weine pour nous avoir si chaleureusement accueillis. Et merci tout particulièrement à Philippe Gremaud, de la Maison du Gruyère, pour cette superbe visite privée des coulisses de la fabrication de ce merveilleux fromage.

 

(1) Source OIV 2016
(2) Parmi la multitude de cépages autochtones suisses, figurent notamment l’humagne blanche, la petite arvine et l’amigne en blanc, ou encore l’humagne rouge et le cornalin en rouge
(3) Cépage blanc le plus planté en suisse alémanique, le riesling-sylvaner est avant tout connu sous le nom de müller-thurgau. Il porte aussi les noms de Rivaner (Autriche, Luxembourg et Allemagne), Müller, Müllerka, Müllerovo (Slovaquie), Rizvanac Bijeli et Rizvanec (Croatie, Slovénie).
(4) PIWI vient de l’allemand « PILZWIDERSTANDSFÄHIGE REBSORTEN », qui signifie littéralement « variétés de vigne résistantes aux champignons ». Ils ont été créés par le croisement de cépages européens et de cépages résistants fongiques américains. Ils appartiennent au type Vitis vinifera, car ils ne sont pas à distinguer d’un point de vue taxonomique (classification des espèces). Pour plus d’informations sur ces cépages : http://www.piwi-international.de/en/information-en.html

L’Allemagne, un pays où il fait bon boire

Ayant fait nos adieux à la Suède, nous quittons la fraîcheur des journées scandinaves pour rejoindre l’Allemagne, où nous attendent quelques producteurs atypiques.
Nous optons pour une traversée en ferry de nuit. Départ à 23h30 de Trelleborg. Arrivée à Rostock au petit matin. Comptez 6 à 7h de traversée pour un prix moyen de 69€/personne (prise en charge du camping-car comprise) (1). Une option peu coûteuse, certes ; mais quelque peu sportive pour trouver le sommeil lorsque l’on n’a pas le pied marin !

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La vallée de l’Ahr, paradis du pinot noir

Après avoir rechargé les batteries le temps d’un week-end à Cologne chez ma cousine Amélie, direction l’Ahr, l’une des plus petites régions viticoles allemandes, avec à peine 558 hectares plantés (2).
Ici, place aux cépages rouges (3) ! Car bien que l’Allemagne soit principalement connue pour ses (grands) rieslings, elle abrite dans la vallée de l’Ahr une production de Spätburgunder (4) de haute volée. Comment est-ce possible, me direz-vous ? Grâce à un microclimat unique. Cet affluent du Rhin, composé majoritairement d’ardoise – une roche métamorphique qui emmagasine la chaleur – profite de versants exposés plein sud et inondés de soleil, pour le plus grand bonheur du pinot noir.
Résultat, des vins gourmands, frais et d’une grande finesse, aux tannins délicats comme ceux du domaine J. J. Adeneuer, à Ahrweiler.

Le riesling, un vin blanc aux arômes… de pétrole 

Si je devais choisir parmi trois vins à emporter sur une île déserte, je mettrais à coup sûr une bouteille de riesling allemand dans ma glacière ! 

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Car le riesling a mille et un parfums, mille et une facettes, rendant son exploration infinie. De sec à sucré, en passant par moyennement sec ou très sucré, tantôt effervescent, tantôt botrytisé, voir partiellement fermenté (lorsqu’il reste des sucres résiduels), il n’a de cesse de surprendre et peux s’accorder avec tous les moments de la vie. Bref, vous l’aurez compris : je suis un inconditionnel de ce cépage !

C’est vers la non moins célèbre région du Rheingau (une fois n’est pas coutume) que nous faisons cap à présent, tentant de percer les mystères du riesling. Un cépage qui développe – paraît-il – des arômes de “pétrole“ avec le temps, nous explique-t-on chez Georg Breuer. Le domaine est connu pour conserver une quantité impressionnante de vieux millésimes en cave.

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Défaut dans les jeunes vins pour certains, qualité recherchée dans de vieux flacons pour d’autres, les fameuses notes de pétrole dans le riesling n’ont de cesse de faire couler de l’encre. Personnellement, elles m’envoûtent. Conclusion, goûtez ces vins hors normes et posez-vous la question : est-ce que je trouve cela agréable ou pas ? Personne ne le dira mieux que vous.

En Rheingau, mieux vaut ne pas avoir le vertige !

Il y a seulement 30 000 ans, la mer était encore présente dans cette partie du monde. Elle a laissé en témoignage des sols riches en minéraux et sédiments. Ainsi que de magnifiques et vertigineux vignobles le long du Rhin, aux pentes aussi abruptes que rocailleuses, où il faut parfois s’encorder pour ne pas tomber !
“C’est ce qui fait le charme et le caractère unique de nos vins“, nous explique Moritz Nagel, directeur marketing du domaine Schloss Vollrads, un château du début du XVIIe siècle dont on ne peut que tomber sous le charme.


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Outre ses 80 hectares plantés exclusivement en riesling, Schloss Vollrads recèle des trésors, comme les plus anciennes archives de ventes de vin en Allemagne datant de 1211, ou encore une salle aux murs tapissés de cuir et d’inserts en or (seulement deux pièces comme celle ci dans le monde, dont une plus petite à Cordoue, en Espagne).
Un domaine à visiter d’urgence, où vous pourrez déguster une grande partie de la gamme sur place, et même observer des chauves-souris à la nuit tombante, pour découvrir leur impact bénéfique sur l’écosystème local.

Quelques vins allemands à découvrir :
Kerner Spätlese 2014, du domaine Weingut Klös
Riesling Alte Reben 2005, du domaine Schloss Vollrads
Riesling Berg Schlossberg Auslese 2010, du domaine Georg Breuer
Trockenbeerenauslese 2010, du domaine Schloss Vollrads
Pinot Noir Kräuterberg VDP–Grosses Gewächs 2011, du domaine Weingut Adenauer

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Weingut Klös, le petit poucet de la Rheinhessen

Bien que la Rheinhessen soit connue pour être la plus grande région de production allemande (5), notre amie Helanie (œnologue en Afrique du Sud et notre première rencontre dans le projet !), nous recommande vivement d’y explorer le domaine Weingut Klös. Rencontre avec Matthias et Simone Klös, deux frère et sœur à contre courant de la région et qui font des 3 hectares du domaine familial une production fort intéressante.
Simone, consultante pour une trentaine de domaines dans la région, nous explique l’importance de son métier depuis son laboratoire d’analyses. “Le côté apprenti chimiste du vin n’a pas toujours bonne presse, il est pourtant fondamental pour assurer au consommateur un produit fini, irréprochable et stable“. Une seule règle : l’hygiène.
J’apprends à détartrer des cuves avec Simone. Sauf que je ne vais pas assez vite et que je me fais reprendre… à juste titre. On ne rigole pas avec la propreté !

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L’apprentissage terminé, Simone nous emmène découvrir les “Hohlweg“ (ou chemins creux), ces voies traditionnelles de circulation situées entre deux talus – en général plantés d’arbres – reliant les parcelles agricoles aux villages, hameaux et fermes. Des chemins étroits et difficiles d’accès pour les machines agricoles, mais que l’on conserve comme patrimoine culturel : ils ont joué un rôle majeur de protection, pour les soldats et la population lors de la Seconde Guerre mondiale.

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En conclusion de notre séjour allemand, nous sommes invités à prendre place dans le cockpit à vison panoramique d’un immense Ero grapeliner 6175, pour assister aux vendanges mécaniques du voisin des Klös. Enjambant littéralement le rang de vigne, l’engin fait preuve d’une impressionnante dextérité. D’abord il secoue les pieds de vigne, puis sépare les feuilles et la rafle des baies, collectant ces dernières dans une benne séparée. Tout cela à une vitesse moyenne de 3,7 km/h. Bluffant… 

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Weingut Adeneuer, Schloss Vollrads, Georg Breuer et Weingut Klös pour nous avoir chaleureusement reçus. Et merci tout particulièrement à Amélie Boudin, Moritz Nagel et à la famille Klös pour leur accueil.


(1) Pour plus d’informations sur les traversées en ferry entre la Suède et l’Allemagne : http://www.directferries.fr/?_ga=1.236306113.1730865352.1472560082
(2) Avec  seulement 558 hectares de vigne pour une superficie totale plantée de 102 000 hectares, la vallée de l’Ahr ne compte que pour 0,5 % du vignoble allemand. Source : Sud de France.
(3) L’Allemagne compte désormais 40% de vin rouge dans sa production annuelle ; dont environ un tiers de pinot noir.
(4) Spätburgunder est le nom allemand du pinot noir
(5) La Rheinhessen (ou Hesse-Rhenanie en français), est la première région viticole allemande avec 26.000 hectares de vigne. 

Une Dégustation Annuelle 2016 pleine de surprises!

Bien rentrés d’une 2ème année d’exploration de la planète vin chargée en émotions, les valises remplies de flacons tous plus intrigants les uns que les autres, il nous tardait de partager nos découvertes avec des invités avertis !

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Un choix difficile dans la sélection, et qui nous a amenés au final à présenter 35 vins de 14 pays (1). Véritables coups de cœur pour certains, jolies curiosités issues de climats aussi extrêmes que diversifiés pour d’autres, chacun des vins dégustés le 13 juin dernier, méritait une attention toute particulière pour ses qualités et sa personnalité unique.
Résumé d’une dégustation hors des sentiers battus, depuis la superbe terrasse du groupe Duclot-La Vinicole.

L’Europe (du nord) séduit par la fraîcheur de ses vins

Un vin blanc suédois en tête de classement, suivi par un vin belge, voilà le premier fait marquant de cette dégustation!
Issus de cépages interspécifiques (cf. PIWI) – 100% solaris pour le domaine Hällåkra Vingård en Suède et 100% mossiat pour le Château de Bioul en Belgique – ces vins ont dans l’ensemble “séduit par leur fraîcheur et surpris par leur potentiel aromatique“. Et bien que ces nouveaux cépages (encore méconnus du grand public), puissent parfois manquer de complexité, ils pourraient – grâce à leur grande résistance au froid – s’imposer rapidement comme une solution d’avenir pour des climats dit “nordiques“, où les hivers rigoureux et l’ensoleillement minimum rendent (très) compliquée la production de Vitis vinifera.

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La Slovaquie et l’Autriche font quant à elles partie des nations européennes à suivre de près en matière de vins rouges. La “Cuvée 2012“ slovaque du domaine Mrva & Stanko (issue de 4 cépages autochtones : hron/vah/rimava/rudava) & le 100% blaufraenkisch “Alte Reben 2011“ du domaine J. Heinrich ont été décrits comme “offrant un plaisir immédiat, avec beaucoup de finesse en bouche, et une structure tannique élégante et complexe“.

TOP 5 – VINS BLANCS
1 – Suède : “Solaris 2014“, domaine Hällåkra Vingård
2 – Hongrie (Tokaj) : “Muskotály Réserve 2003“, Château Dereszla
3 – Indonésie (Bali) : “Aga White 2016“, domaine Hatten Wines
4 – Belgique (Côtes de Sambre et Meuse) : “Mossiat 2014“, Château de Bioul
5 – Hongrie (Tokaj) : “Tokaj Szamorodni Sec 2007“, domaine Samuel Tinon

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La part belle aux destinations exotiques

Qui l’eut cru?… Deux vins balinais sur le podium : sans aucun doute, la plus grande surprise de cette dégustation!
Imaginez un instant Bali (seule et unique région viticole d’Indonésie) : un climat tropical où l’on peut vendanger jusqu’à 3 fois par an, où le vignoble n’a pas de période de dormance, où il fait 23°C en hiver et où les pieds de vigne ne vivent pas plus de 12 ans, faute d’un labeur incessant…
Et pourtant, les vins « made in Bali » en ont étonné plus d’un. Décrits comme “très aromatiques, agréables en bouche et avec une certaine fraîcheur“, ces vins prouvent qu’avec des cépages adaptés (ici le belgia et le muscat de st Vallier), une technologie de pointe et un savoir-faire spécifique, il est possible de faire des vins techniquement bons. Et c’est déjà pas mal !

Les plus belles photos studios de nos invités !

Les plus belles photos studios de nos invités !


Quant au Brésil, destination de plus en plus reconnue et aux climats variés (équatorial au nord, continental-tempéré au sud), elle abrite des terroirs à explorer d’urgence. Comme dans la Valle dos Vinhedos, au sud, où la cuvée “Quorum 2006“ du domaine Lidio Carraro (40% merlot, 25% cabernet sauvignon, 20% tannat, 15% cabernet franc) a fait l’unanimité par sa finesse et son élégance.

La production de vins effervescents de qualité en plein boom

Allemagne, Angleterre, Australie, Belgique, Brésil, Hongrie…tous ces pays ont un point commun : ils jouent dans la cour des grands en matière de production de vins effervescents.
Dégustés à l’aveugle autour d’un jeu consistant à retrouver le pays d’origine (pas si facile que ça !), sept vins effervescents issus de pays tous différents ont littéralement régalés les papilles de nos convives !

JBA en compagnie de John Leroy, oenologue du domaine Ruffus (Belgique)

JBA en compagnie de John Leroy, oenologue du domaine Ruffus (Belgique)


Car de plus en plus de domaines, situés dans des régions du monde aux terroirs propices – sols majoritairement calcaires/crayeux et climat frais/tempéré –  prouvent qu’avec des cépages adaptés, des vendanges à bonne maturité, l’utilisation de la Méthode Traditionnelle (2), des élevage longs et rigoureux, il est possible de produire de très grandes bulles aux quatre coins du monde – capables de rivaliser avec la production française, par exemple.
Même Bali fait son numéro en se hissant sur le podium avec la cuvée Moscato d’Bali du domaine Sababay, un pétillant aromatique et légèrement sucré.

TOP 3 – VINS EFFERVESCENTS
1-Belgique (Wallonie) : “Cuvée Franco Dragone 2011“, domaine Ruffus
2 – Brésil (Serra Gaucha) : “Terroir Nature – SAFRA 2009“, Cave Geisse
3 – Indonésie (Bali) : “Moscato d’Bali 2015“, domaine Sababay
Mention spéciale : Angleterre (Kent) : “Blanc de Blancs 2010“, Gusbourne

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La Hongrie à l’honneur

La Hongrie a fait très belle figure le 13 juin dernier. D’abord avec la célèbre région de Tokaj et ses liquoreux : 260g de sucre pour le délicieux “Muskotály Réserve 2003“ du Château Dereszla, et dont il n’est pas resté une seule goutte!
Mais aussi en blanc sec, avec l’incroyable cuvée “Szamorodni Sec 2007“ de Samuel Tinon : un vin issu de raisins botrytisés, vinifié en cuves ouvertes et sans sucres résiduels (unique au monde) ; un vin de méditation.

THE TEAM !!

THE TEAM !!


Moins connue que d’autres régions hongroises, Etyek-Buda (25 minutes à l’ouest de Budapest), avec son climat doux et continental, se tourne depuis quelques années vers la production de pinot noir juteux aux notes de fruits rouges, à l’image du “Pinot Noir 2013“ du domaine Etyeki Kuria – coup de cœur des vins rouges de cette dégustation. Là encore, une jolie surprise!

TOP 5 – VINS ROUGES
1 – Hongrie (Etyek-Buda) : “Pinot Noir 2013“, domaine Etyeki Kuria
2 – Nouvelle Zélande (Waiheke Island) : “Bordeaux Blend 1999“, Te Motu
3 – Australie (Tasmanie) : “Cab. Sauvignon/Merlot 2000“, domaine Freycinet
4 – Brésil (Serra Gaucha) : “Quorum 2006“, domaine Lidio Carraro
5 – deux vins ex-aequo :
Slovaquie : “Cuvée 2012“, domaine Mrva & Stanko
& Autriche (Burgenland) : “Alte Reben 2011“, domaine J. Heinrich

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L’Océanie n’en finit plus de surprendre

Nous sommes d’accord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande n’ont plus à faire leurs preuves.
Cependant, deux régions nous ont particulièrement marqués par leur climat frais et particulièrement adapté à la production de vins de garde issus de cépages bordelais :
-la Tasmanie (sud de l’Australie), avec la cuvée “Cabernet Sauvignon/Merlot 2000“, du domaine Freycinet, un modèle du genre ;
-et l’île de Waiheke, en Nouvelle Zélande (proche d’Auckland, au nord), où le “Bordeaux Blend 1999“ du domaine Te Motu (60% cabernet sauvignon, 30% merlot, 10% cabernet franc), 2ème sur le podium des vins rouges et Coup de Cœur WINE EXPLORERS, a impressionné par son potentiel de garde.
Enfin, quelques très belles syrah furent dégustées le 13 juin dernier, d’abord avec la région de Hawke’s Bay, au nord de la Nouvelle-Zélande, qui abrite de véritables pépites, comme la cuvée “Jewelstone Syrah 2013“, de Mission Estate ; puis avec les cuvées australiennes “Syrahmi Dreams… 2012“ d’Adam Foster et “Basket Press Shiraz 2011“ de Rockford Wines. Sans oublier un ovni en grenache : “The Tri-Centenary 2008“ du domaine Yalumba dans la Borassa.

La planète vin reste (encore) à découvrir…

WineExplorers’ment vôtre,
Amandine Fabre & Jean-Baptiste Ancelot

  

Merci à Jean-Luc Lavatine et à l’équipe de Duclot-La Vinicole pour nous avoir mis à disposition ce lieu magnifique.
Merci à tous les producteurs d’avoir participé à ce bel événement en nous offrant les vins. Nous avons également été très sensibles à la présence sur Paris des domaines Hatten Wines (Bali), Ruffus (Belgique), Sababay (Bali), J. Heinrich (Autriche), Te Motu (Nouvelle-Zélande) et du Château de Bioul. Merci à eux d’avoir fait le déplacement tout spécialement pour l’événement!
Enfin, un immense merci à toutes les personnes qui ont participé à la réussite de cette belle soirée : Catherine Ancelot-Savignac (qui nous a en prime gratifié d’un merveilleux buffet !), Prune Meunier, Ode Coyac, Alexandra Schneider, Clara Laurent, Victoire Dauviau ; ainsi qu’Amandine Fabre, Ludovic Pollet et Stéphane Diné de la team WINE Explorers.
  

(1) Liste complète des 35 vins présentés le 13 juin dernier pour la Dégustation Annuelle de WINE EXPLORERS :
1 – Indonésie (Bali) : “Aga White 2016“, domaine Hatten Wines – Bali
2 – Belgique (Côtes de Sambre et Meuse) : “Mossiat 2014“, du Château de Bioul
3 – Suède (Skåne) : “Solaris 2014“, domaine Hällåkra Vingård
4 – Belgique (Heuvelland) : “Pinot 2015“, domaine Entre Deux Monts
5 – Suisse (Mont-sur-Rolle) : “Clos du Couvent 2009“, Domaine de Maison Blanche
6 – Autriche (Wachau) : “Smaragd Singerriedel 2014“, du Domäne Wachau
7 – République tchèque (Moravia) : “Riesling V.O.C. 2013“, domaine Sonberk
8 – Australie (Eden Valley) : “Heggies Vineyard Riesling 2005“, domaine Yalumba
9 – Allemagne (Rheingau) : “Riesling Alte Reben trocken 2005“, de Schloss Vollrads
10 – Australie (Tasmanie) : “Freycinet Riesling 2003“, domaine Freycinet
11 – Hongrie (Tokaj) : “Furmint Sparkling Wine 2011“, domaine Gróf Degenfeld
12 – Angleterre (Kent) : “Blanc de Blancs 2010“, domaine Gusbourne
13 – Brésil (Serra Gaucha) : “Terroir Nature – SAFRA 2009“, domaine Cave Geisse
14 – Belgique (Wallonie) : “Cuvée Franco Dragone Prestige 2011“, domaine Ruffus
15 – Allemagne (Rheingau) : “Riesling Sekt Extra Brut 2003“, de Schloss Vollrads
16 – Indonésie (Bali) : “Moscato d’Bali 2015“, domaine Sababay
17 – Australie (Barossa) : “Sparkling Black Shiraz NV“, domaine Rockford Wines
18 – Hongrie (Tokaj) : “Kabar 2013“, du Chateau Dereszla
19 – Hongrie (Tokaj) : “Tokaj Szamorodni Sec 2007“, domaine Samuel Tinon
20 – Hongrie (Tokaj) : “Tokaji Aszú 6 Puttonyos 2008“, domaine Gróf Degenfeld
21 – Hongrie (Tokaj) : “Muskotály Réserve 2003“, du Château Dereszla
22 – Danemark : “Utopia Rondo 2006“, domaine Kelleris
23 – Autriche (Burgenland) : “Alte Reben 2011“, domaine J. Heinrich
24 – Hongrie (Sopron) : “Kékfrankos 2013“, domaine Etyeki Kúria
25 – Autriche (Burgenland) : “St. Laurent Schafleiten 2013“, domaine Judith Beck
26 – Slovaquie : “Cuvée 2012“, domaine Mrva & Stanko
27 – Brésil (Serra Gaucha) : “Quorum 2006“, domaine Lidio Carraro
28 – Nouvelle Zélande (Waiheke Island) : “Bordeaux Blend 1999“, domaine Te Motu
29 – Australie (Tasmanie) : “Cabernet Sauvignon/Merlot 2000“, domaine Freycinet
30 – Slovaquie : “Pinot Noir 2013“, domaine Víno Tajna
31 – Hongrie (Etyek-Buda) : “Pinot Noir 2013“, domaine Etyeki Kuria
32 – Australie (Barossa) : “Tricentenary Grenache 2008“, domaine Yalumba
33 – Nouvelle Zélande (Hawke’s Bay) : “Jewelstone Syrah 2013“, domaine Mission Estate
34 – Australie (Heathcote) : “Dreams…2012“, domaine  Syrahmi
35 – Australie (Barossa) : “Basket Press Shiraz 2011“, domaine Rockford Wines

(2) Méthode Traditionnelle : La méthode traditionnelle est une méthode d’élaboration de vins effervescents qui consiste en une seconde fermentation en bouteilles d’un vin tranquille après ajout d’une liqueur de tirage. La méthode traditionnelle d’élaboration d’un vin effervescent est identique à la méthode champenoise pour l’élaboration du champagne.

La Suède, la viticulture venue du nord

Des habitants accueillants et chaleureux, des paysages variés et grandioses, une cuisine généreuse et sensuelle ; comment ne pas tomber amoureux de la Suède ? Personnellement, nous avons succombé…

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C’est via le pont de l’Øresund(1) que nous quittons le Danemark pour nous rendre au sud du pays, où une poignée d’irréductibles vignerons nous attend. Un voyage envoûtant, dans une contrée au climat aussi austère que nordique, où la vente directe au domaine n’est pas autorisée, où il était interdit de produire (commercialement) jusqu’en 2000, et offrant pourtant quelques vins sans nul autre pareil.

Hällåkra Vingård, un petit coin de paradis

« Peut-être pourrons-nous vendanger début novembre ; à condition que les grands froids nous épargnent cette année bien sûr…». C’est en ces termes que Håkan et Lotta Hansson, propriétaires du domaine Hällåkra Vingård nous accueillent. Un petit coin de paradis abritant 6,5 hectares de vigne, plantés en 2003 sur des coteaux exposés plein sud.

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Nous sommes dans le village d’Anderslöv, au sud du pays. Håkan a grandi ici. C’est la maison de son enfance. « Je me souviens petit, allant chercher l’eau au puits. Nous n’avions pas non plus l’électricité. La vie était belle, simple ». Devenu homme d’affaires redoutable – d’abord banquier à Stockholm, puis membre du gouvernement rattaché au Ministère suédois de l’Industrie – la crise de la cinquantaine aura finalement raison de son côté bureaucrate. « À l’époque, je ne pensais pas un instant à tout le travail de labeur qu’il y avait derrière les bouteilles de vin que je buvais. Aujourd’hui, ça me rend philosophe. ». Et d’ajouter : « quand on a un job haut placé en Suède, le vin fait partie des choses à connaître pour briller socialement, au même titre que la pratique du golf ou de la chasse ».

Håkan en sourit désormais. Il nous reçoit en short, les cheveux dans le vent, le sourire jusqu’aux oreilles.

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Ce retour à la terre lui a bien réussi. Et grâce à sa sensibilité, et avec l’expertise de Peter Bo Jörgensen, son œnologue, Håkan produit de jolis vins et ne cesse de créer. En témoigne son dernier projet de cuvée en amphore. Un délice.

Quelques vins suédois à découvrir :
Solaris 2013, du domaine Hällåkra Vingård (100% solaris)
Blanc de Blancs Brut 2010 (20% pinot Auxerrois, 20% chardonnay, 30% orillon, 30% seyval blanc), domaine Köpingsberg Vingård
Per Ols Röa 2013 (80% rondo, 20% cabernet cortis), domaine Ekesåkra Vingård
Rondo 2014, du domaine Hällåkra Vingård (100% rondo) 

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Produits de la forêt et cuisine suédoise

Mais pourquoi donc faire du vin en Suède ? Vent glacial, neige précoce, gelée tardive, hiver long et journées courtes… difficile de trouver plus extrême. « Les vins suédois ont réussi à créer une identité nouvelle en terme de “goût“ : avec une acidité plus forte et un degré d’alcool faible ; on est sur un profil atypique de vins frais et très tendus, s’accommodant à merveille avec la cuisine locale! », se réjouit Karl Sjöström, sommelier du domaine Hällåkra Vingård.

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Car la cuisine traditionnelle suédoise est une savante combinaison entre les produits de la mer (son saumon gras est incontournable!) et ceux de la forêt.

Pour nous le prouver, Lotta Hansson, en véritable maîtresse de maison – et qui tient la cuisine du domaine d’une main de maître – nous emmène en forêt le temps d’une cueillette. Histoire de composer le menu qui sera servi au déjeuner… Une pratique ancestrale, grande source d’inspiration pour de nombreux restaurants. Ici aussi, Noma(2) fait son marché.

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Nous rentrons guillerets, le panier rempli d’herbes aromatiques, de plantes en tous genres et de fruits sauvages, plus appétissants les uns que les autres. Direction la cuisine ! Ce midi, Lotta servira un filet de lotte avec un beurre blanc aux airelles rouges, accompagné d’une écrasée de pommes de terre et d’un chutney maison. Bon appétit.

Le Systembolaget, monopole de la vente de vin en Suède

Oubliez les cavistes indépendants en Suède… La vente de vin au détail – et plus généralement celle de boissons alcoolisées de plus de 3,5 degrés – est sous la gestion exclusive du Systembolaget, le monopole d’État. Pourquoi un tel contrôle ? Pour freiner la consommation d’alcool(3) (en théorie). Des règles strictes et pas toujours comprises : la vente interdite aux moins de 20 ans, pas de bouteilles vendues autrement qu’à l’unité, offres promotionnelles interdites.

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Autant de contraintes – sans compter les taxes (très) élevées appliquées au vin – qui amènent beaucoup de Suédois à acheter leur vin, via la « route de la soif », vers l’Allemagne pour les habitants du sud, et vers l’Estonie pour ceux de l’est.
Pire encore pour les quelques viticulteurs suédois : impossible de vendre leur vin directement au domaine…à moins de posséder un restaurant (pour y servir un verre à table). Sacrément frustrant pour les touristes.

« Il est très compliqué de vendre au client final », nous confient Claes Olsson et Thorsten Persson, propriétaires du domaine Ekesåkra Vingård (Österlevin). Après avoir dû prouver la véracité de leur projet de vignoble au gouvernement (en créant un business plan sur 6 ans !), ils ont désormais le droit de vendre leur production aux trois magasins du sud du pays.

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« Si c’était à refaire, je ne recommencerais pas », s’amuse à dire Claes, ancien directeur commercial pour une grande firme américaine, et qui souhaitait avant tout, renouer avec ses racines familiales de fermiers.
Deux points positifs au Systembolaget toutefois, qui méritent d’être soulignés : la diversité dans l’offre vin est superbe, et la qualité des informations mises à disposition du consommateur, irréprochable.

Les limites de la viticulture nordique

« Si certains ont réussi à faire du vin au Danemark, c’est que l’on peut réussir en Suède », rêvait Gabriel, propriétaire du (regretté) domaine Gabriels Vingård. Constructeur de maisons écologiques, il se lance en 2007 avec quelques 2000 plants de vigne dans son jardin (uniquement des blancs) ; avec pour seul bagage quelques traités de viticulture achetés sur internet.

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Situé à Yngsjö, au sud (60km au nord des autres domaines visités), Gabriels Vingård fait toutefois face à un problème de taille : il est aux portes de la mer Baltique. Résultat : des vents violents toute l’année et des gelées tardives presque tous les étés (parfois jusqu’au 6 juin!).

Six saisons durant, à grande dose de persévérance et de courage, Gabriel plante, replante et replante encore la majorité des plants, arrachés ou détruits par une météo impitoyable, sans jamais avoir pu faire une seule vendange complète… À peine une demie vendange en 2011, les oiseaux ayant épargné les raisins survivants. Chaque année, il disait à sa femme : « Encore une fois. Je réessaye l’an prochain. Je vais y arriver ».

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Jusqu’au jour où son pragmatisme l’emporte. Il réalise alors que le climat ici ne lui permettra jamais de faire du vin. « Il faut parfois savoir se résigner et arrêter », nous raconte-t-il non sans beaucoup d’émotion. Une belle leçon d’humilité et un moment de partage rare, savouré autour de délicieux tacos cuisiné par Gabriel. Nous sommes gentiment invités à nous joindre à sa famille pour le dîner.

Notre séjour suédois s’achève sur une note pétillante avec la rencontre de Carl-Otto, propriétaire du domaine Köpingsberg Vingård, seul producteur exclusif de vins effervescents du pays. Une solution d’avenir pour la production de vin suédois selon lui.

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Car comme il le résume à juste titre : « l’unique façon de devenir un jour vigneron en Suède, c’est d’être avant tout un grand rêveur ! ».
À méditer…

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Hällåkra Vingård, Gabriels Vingård, Ekesåkra Vingård et Köpingsberg pour leur accueil chaleureux. Et merci à Christofer Johansson, Torbjörn Rundqvist et Per Fritzell pour leur invitation chaleureuse dans le nord du pays afin d’y déguster des cidres de glace, que nous espérons bien honorer lors de notre prochaine venue en Suède.

 

(1) Le pont de l’Øresund, long de 7,8km, relie les villes de Malmö en Suède et de Copenhague au Danemark, pour un prix de traversée de 36€. Ce pont est à deux niveaux : sur la partie supérieure se trouve l’autoroute E20, et sur la partie inférieure la ligne de chemin de fer.
(2) Noma, deux étoiles au Michelin, est un restaurant situé à Copenhague au Danemark. Il a été classé « meilleur restaurant au monde » par la revue Restaurant en 2010, 2011, 2012 et 2014.
(3) C’est au XIXème siècle à Stockholm que Magnus Huss (médecin suédois) a introduit le concept de l’alcoolisme comme une maladie, après avoir constaté le mal qui touchait la population de la capitale. 

Le Danemark, nouveau venu sur les bancs de l’Europe

Les qualificatifs me manquent pour décrire la beauté du Danemark.
Dès notre arrivée, nous sommes émus par ses paysages aux couleurs éclatantes. Son côté vierge, sauvage et préservé. Son ciel d’un bleu inégalé.

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Commençant par le sud, depuis la frontière avec les Pays-Bas, nous sommes impatients de découvrir le vignoble danois, tout jeune élève sur les bancs de l’Europe.
Car bien qu’une Association Danoise des Vignerons (1) ait été créée dès 1993, il faudra attendre l’an 2000 pour que le Danemark soit (enfin) autorisé par l’UE à produire du vin commercialement (2). Aujourd’hui, on y compte une centaine de producteurs, avec des domaines pour la plupart inférieurs à 2 hectares, produisant dans des conditions difficiles.
Vivre de sa passion y reste un sacré challenge. Visite guidée.

Skaersoegaard, un écrin de verdure

Non loin de Kolding – sur l’île de Jutland, à l’Ouest – c’est par le domaine Skaersoegaard que notre périple commence. Second plus “grand“ domaine danois avec 5,5 hectares, Skaersoegaard est un lieu magnifique à visiter d’urgence.

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Pagaie en main, c’est par le lac et en barque, que nous sommes invités à visiter le domaine. Car si Sven Moesgaard – propriétaire des lieux et l’un des pionniers à avoir planté de la vigne au Danemark – est tombé amoureux des lieux, c’est en grande partie pour son lac. « Sans cette étendue d’eau, je n’aurai jamais planté de vigne ; c’est une protection indispensable contre le gel ».

Une famille de cygnes nous observe à distance, cachée dans les roseaux. Ce sont les employés du domaine, nous explique Sven en riant : ils entretiennent la vigne en mangeant les mauvaises herbes et nourrissent le sol de leurs excréments. Une main d’œuvre efficace et gratuite !

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La visite du vignoble terminée, c’est l’heure de la pêche sur le lac pour Ludo et d’une sieste à l’ombre d’un arbre pour moi. En attendant le BBQ du soir au bord de l’eau, au cours duquel flamberont et crépiteront mille et une pommes de pin, pour notre plus grand bonheur.

Pas facile d’être vigneron au Danemark

Oui mais voilà, pourquoi planter de la vigne au Danemark, pays où les conditions climatiques sont froides et la période d’ensoleillement très courte ? « Par défi ! », explique Sven, d’abord ingénieur dans l’industrie pharmaceutique. « Les gens ont toujours pensé qu’il était impossible de planter de la vigne et de faire du vin au Danemark ; or je déteste ce qui est impossible ».

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Résultat, on trouve sur le domaine – comme ailleurs au Danemark – des cépages exclusivement interspécifiques (solaris, rondo, orion, régent, ortega, cabernet cortis, etc.), dont l’avantage est d’être plus résistant aux maladies de la vigne (oïdium, mildiou), avec des maturités souvent plus précoces. Ça marche plutôt bien. Et heureusement… Car les traitements sur la vigne étant interdits par le gouvernement danois (seuls trois pulvérisations légères sont permises), le défi de la conduite d’une vigne seine est énorme.

Viennent s’ajouter à cela des normes draconiennes en matière d’hygiène, imposées par le gouvernement.

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Les vignerons danois sont ainsi obligés de porter des combinaisons intégrales et des sur-chaussures de protection pour accéder à leur chai, mais également de posséder une pièce “blanche“, isolée du reste des bâtiments, lavable du sol au plafond, où sont nettoyés les équipements. La première fois, ça surprend… On se croirait (presque) à l’hôpital. Et gare aux contrôles ! « Si ces normes étaient appliquées aux autres pays viticoles, la majorité des domaines dans le monde devraient fermer leurs portes », s’amuse à analyser Sven.
Sans compter que le gouvernement n’accorde aucune subvention à ce nouveau secteur d’activité, pour l’instant jugé non rentable. « Qu’importe, le vin est avant tout une histoire de passion ».

Une nuit sur l’île de Samsø

En cette fin de journée, il semblerait que le GPS du Wine Explorers’ Truck ait décidé de nous jouer des tours. Partis du domaine Skaersoegaard, nous devons rallier la péninsule de Rёsnes, à l’est (sur l’île de Sealand), où nous attend notre 2ème visite.

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Oubliant que l’option “itinéraire le plus court“ a été cochée, nous suivons naïvement le guide. À peine 20km roulés, nous voici face à la mer, devant un terminal de ferry. Amusés par l’idée d’une traversée en bateau, nous pardonnons bien vite au GPS.

Une première escale obligatoire à mi chemin nous débarque sur Samsø, une île de 100 km2 pour 3700 habitants – cela dit en passant, énergétiquement indépendante et 100 % renouvelable (3). L’endroit est bucolique. On vit ici au rythme de la mer et des saisons. Tellement tranquillement, qu’aucun ferry ne navigue le soir. Il nous faudra passer la nuit sur l’île et lever l’ancre à l’aube.

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L’excuse est toute trouvée pour s’attarder un peu ici. Car le paysage nous donne immédiatement la sensation d’être arrivés au bout du monde. Nous savourons l’instant avec délectation. Ce soir, le ressac des vagues sera notre berceuse. Repartirons-nous demain ?…

Dyrehøj Vingaard, le vignoble sur la péninsule

Fraîchement débarqués du ferry et pas encore tout à fait remis de nos émotions, direction Dyrehøj Vingaard, le plus grand domaine danois. Un vignoble de 8 hectares plongeant littéralement dans la mer. Décidément, le Danemark regorge de paysages plus pittoresques les uns que les autres.

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Rencontre avec Betina et Tom Newberry, deux frères et sœurs fermiers, longtemps spécialisés dans l’élevage de cochons. Il y a quelques années ils ont tout plaqué pour se lancer dans le vin, misant sur une stratégie autour de l’oenotourisme. La péninsule de Rёsnes étant un lieu incontournable du tourisme danois.
Et ça tombe bien, l’endroit possède un micro climat formidable : la lumière du soleil se reflétant sur l’eau y est si particulière, que sa luminosité se reflète sur la vigne par un effet de miroir, aidant les raisins à mûrir juste comme il faut.

Quelques vins danois à découvrir :
DON’s Cuvée Brut 2013, du domaine Skaersoegaard (60% solaris, 40% orion)
RÖS Muscaris 2014, du domaine Dyrehøj (90% muscaris, 10% solaris)
Utopia Rondo 2006, du domaine Kelleris  (100% rondo, élevé 9 mois en barriques hongroises neuves)
Utopia Cougar Rondo 2009, du domaine Kelleris (100% rondo, élevé 22 mois en barriques françaises neuves)
Hedvin 2010, du domaine Skaersoegaard (rondo, régent, léon millot et cabernet cortis), un vin muté (4) aux notes de fruits noirs cuits

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Kelleris Vingård, le plus bordelais des vignobles danois

Après une baignade matinale (et fraîche !) dans le détroit de l’Øresund, face à la Suède, nous prenons la direction du domaine Kelleris Vingård, à deux kilomètres de la mer, où Susanne et Søren Hartvig Jensen, un couple adorable, nous accueille.
Søren n’est pas un vigneron comme les autres. On lui a dit et répété des centaines de fois : le Danemark n’est pas un pays de vins rouges !

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Et pourtant… Avec beaucoup de courage et un brin de folie, il a fait le pari d’une production majoritairement orientée autour du cépage rondo. « Je ne suis pas un peu fou, mais bien complètement fou d’avoir voulu me spécialiser dans les vins rouges ! Comme les consommateurs aiment les vins rouges avec un élevage long en barrique, le défi m’a beaucoup plu ! ».

En fan inconditionnel de Bordeaux, Søren a même fait rajouter deux tours à sa maison, histoire de lui donner quelques airs de château – et fait construire un chai voûté pour y entreposer ses barriques. Rien que ça.
Il s’est aussi amusé à planter du cabernet sauvignon, du chardonnay et du pinot noir à titre expérimental et nous avoue en souriant qu’en 10 ans, aucun n’est encore parvenu à maturité. C’est dire si le climat est complexe ! « N’oublions pas qu’il y a à peine 12 000 ans, il y avait encore au Danemark 3 000 mètres de glace », nous rappelle-t-il avec justesse.

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Nous terminons le séjour par une rencontre avec son ami Jean Becker, ancien président de l’Association des Viticulteurs Danois. Ce dernier nous confie que l’entraide est encore difficile entre les domaines viticoles, probablement par manque de connaissances et de recul sur la viticulture.

N’oublions pas que le Danemark reste à ce jour un nouveau né à l’échelle de l’histoire du vin. Il a l’avenir devant lui. 

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

 

Merci aux domaines Skaersoegaard, Dyrehøj Vingaard et Kelleris Vingård pour leur accueil chaleureux. Et merci à l’Ambassade de France au Danemark et en particulier à Raphaël Caron, pour nous avoir conseillés et guidés dans nos recherches de domaines danois. Enfin, merci à Jean Becker  de s’être prêté au jeu de l’interview.
 

(1) Danish Vineyards Association (DVA)
(2) Au même titre que la Suède et l’Angleterre
(3) Pour plus d’informations sur Samsø : http://www.euractiv.fr/sections/energie/samso-lile-100-renouvelable-et-energetiquement-independante-312971
(4) Un vin muté est un vin dont le degré d’alcool est accru et la fermentation interrompue, par adjonction d’alcool afin de conserver des sucres résiduels.