L’Ethiopie, un joyau africain

Bienvenue en Ethiopie ! Un pays d’une beauté touchante et où l’on se sent bien.
Quelle chaleur à la descente de l’avion ! Nous venons d’atterrir à Addis Ababa, la capitale la plus haute d’Afrique, perchée à 2300 mètres d’altitude. Une ville incroyable, en pleine révolution culturelle, témoignage vivant des civilisations passées.

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L’Ethiopie est connu pour être le carrefour stratégique de l’Afrique – la quasi-totalité des pays du globe ont une Ambassade à Addis Ababa – puisqu’elle abrite l’Union africaine, ainsi que la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.
Certains d’entre vous connaissent également le tedj, ce vin de miel éthiopien parfumé aux feuilles de gersho, similaire au houblon. Mais saviez-vous que le pays abrite une culture ancienne dans la fabrication du vin, possède aujourd’hui deux domaines viticoles produisant à eux deux 11 millions de bouteilles et consomme du vin depuis le début du XX siècle ?

Awash Winery, le plus ancien domaine d’Ethiopie

Awash Winery, avec ses 70 ans d’existence, est le plus ancien domaine viticole du pays en activité. Ce domaine de 117 hectares, qui trône majestueusement sur un plateau montagneux s’élevant à 1200 mètres au dessus du niveau de la mer, compte bien agrandir son vignoble en plantant 180 hectares supplémentaires dans les prochaines années, à côté des vignes existantes.

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Car le domaine, racheté en 2013 par la société Blue Nile, créé grâce à un partenariat entre Mr. Mulugeta Tesfakiros – un promoteur immobilier éthiopien émergent – et 8 Mile, une société de capital présidée par Sir Bob Geldof, célèbre musicien irlandais et grand militant pour la cause africaine – affiche aujourd’hui de très belles perspectives de développement. “Amélioration constante de la qualité des vins, rénovation des équipements et formation continue du personnel vont aider à ancrer Awash comme une marque solide dans le pays“, nous confit Mr. Tesfakiros. Le domaine a un potentiel certain.
Les travaux sont nombreux et le chai vieillissant mais qu’importe, une fois le chantier terminé la qualité des vins n’aura jamais été aussi bonne.

Abraham de Klerk and JBA @ Awash Winery

Abraham de Klerk and JBA @ Awash Winery


Pour l’instant le domaine n’est pas loin des 10 millions de bouteilles produites par an, ces dernières étant intégralement consommées sur le marché éthiopien. Et même si Awash Winery a déjà été approché par des clients étrangers, pas d’export prévu pour le moment : il n’y a pas assez de vin pour satisfaire la demande locale.

Vendanges et transport des raisins : le cas d’école Awash

Le vignoble se trouve à Awash Merti Jersu, à 115 km au sud-est d’Addis Ababa. Il faut pourtant nous lever à l’aube car nous devons faire l’aller-retour dans la journée et il faut bien 3 heures 30 de 4×4 pour parcourir  les routes de terre qui jalonnent notre itinéraire. Les paysages sont d’une beauté ahurissante : maisons aux toits de chaume, enfants à moitié nus jouant sur le sol ocre devant les pas de porte, étendues désertiques infinies, palmiers et dromadaires majestueux nous saluant tout au long de notre périple, le tout dans un patchwork de couleurs digne des plus beaux clichés.

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Ici les vignes sont proches de l’équateur, ce qui implique un cycle végétatif beaucoup plus court qu’en Europe ou en Afrique du Sud par exemple. On peut donc faire jusqu’à deux vendanges par an : de novembre à décembre et de juin à juillet. C’est le cas à Awash. (Exceptionnellement nous assistons aux vendanges en avril, car le rachat du domaine a pris un peu plus de temps que prévu). “Le temps que la vigne reprenne son cours normal. Dès novembre prochain le cycle sera rétabli“, nous explique Abraham de Klerk, l’œnologue d’Awash.
Et même si nous ne sommes qu’à une centaine de kilomètres des infrastructures de production d’Awash, en plein centre de la capitale, n’oublions pas qu’en Ethiopie les routes peuvent être (très) mauvaises, surtout pour les camions ! Il faut donc plus de 7 heures à un camion chargé de raisins pour faire le trajet vignoble-cuverie. Une mission périlleuse et à haut risque puisque les raisins – malgré la protection des bâches – chauffent sous le soleil africain.

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Très prochainement les poids-lourds seront remplacés par de nouveaux camions frigorifiques. Pour le moment, les raisins sont laissés une nuit entière dans le camion afin de faire redescendre la température des baies avant de les presser au petit matin.

Les vins d’Awash Winery

Une fois la visite du vignoble terminée nous retournons à Addis Ababa. La dégustation des vins du domaine nous y attend dès le lendemain matin.
La gamme se compose de quatre vins.
Un blanc et un rouge issus des cépages du domaine :
Kemila Medium Dry White 2013*, un blanc légèrement sucré issu principalement de Chenin blanc (80%) et de Grenache blanc. De couleur or, nez sur des notes oxydatives (cire d’abeille). Bouche fraîche et sur les fruits à chair blanche.
Axumit Sweet Red Wine 2013*, un assemblage Grenache noir (60%), Sangiovese, Petite Syrah, Gamay, Nebbiolo, Dodoma et Tinta Amarela, le vin le plus populaire d’Ethiopie, avec un nez de fruits rouges et une grande acidité en bouche.
Et deux cuvées de résineux** : Awash White wine 2014* en blanc et Gouder Red Wine 2013* en rouge.

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Une particularité à Awash : on recycle en permanence les bouteilles. On trouve ainsi des bouteilles vieilles de 40 à 50 ans sur le marché ! Une belle initiative environnementale.
Info exclu : un effervescent de type Méthode Cap Classique (MCC) et élaboré avec le Chenin blanc du domaine, viendra agrandir la gamme en novembre.

L’heure du mouton a sonné

Mr. Mulugeta Tesfakiros nous a gentiment organisé pour le lendemain matin une visite du second domaine viticole du pays, Castel Winery. “Parce qu’en Ethiopie on n’est pas concurrent, on est avant tout ami et voisin“, nous explique Mulugeta en souriant. Mais pour l’heure direction le lac de Langano, où nous sommes invités pour la nuit, au Langano Bekele Molla Hotel, un complexe d’hôtellerie restauration qui ouvrira prochainement ses portes au public. Les cuisines viennent tout juste d’être construites et aménagées, mais les frigos sont encore vides ! Une équipe de chefs locaux, venue pour la soirée, a apporté avec elle de quoi cuisiner pour le dîner : des légumes, du poisson, et surprise…un mouton vivant, prévu pour le lendemain !
Parler à son futur repas est un moment assez étrange, assister au sacrifice de l’animal – dans les règles de l’art et le respect de la bête – est en revanche une expérience unique et que je ne suis pas prêt d’oublier (je dois avouer que j’étais bien pâlichon sur le moment).
Au final le diner fut un délice.

Castel Winery, le nouveau domaine d’Ethiopie

Remis de nos émotions et après une bonne nuit de sommeil en pleine nature, nous voici à Castel Winery, dans la ville de Ziway, à 163 km au sud d’Addis Ababa.

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Ce projet de vignoble est né en 2007 d’un partenariat entre le gouvernement éthiopien et le groupe Castel (un des plus grands producteurs de vin dans le monde et le n°2 dans la production de bière en Afrique). Ce tout jeune domaine – dont les 120 hectares de vigne ont été plantés entre 2007 et 2009 – vendait jusqu’alors une grande partie de sa production à Awash Winery et vient tout juste d’embouteiller son 1er millésime en ce début d’année 2014. Nous arrivons au bon moment !
Chez Castel Winery on a fait le choix d’une seule vendange par an, pour une production totale d’un million de bouteilles. La 2ème récolte est vendangée en vert, nous explique Olivier Spillebout, l’œnologue du domaine. “Nous ne produirions pas forcément beaucoup plus avec une 2ème vendange, donc on préfère laisser à la vigne le temps de se reposer“, ajoute-t-il.
Allons faire le tour du propriétaire en pick-up, propose Olivier !
Un joli vignoble nous fait face, entièrement planté en cépages internationaux : 55 hectares de Syrah, 38 de Cabernet Sauvignon, 14 de Merlot et 12 de Chardonnay. Viennent s’ajouter à cela 42 hectares de Sangiovese, plantés dans les années 80 par le Gouvernement.

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Et soudain, surprise. “Que font là ces immenses tranchées tout le long de la rivière ?“, demande-t-on à Olivier. “ça, c’est pour protéger le vignoble des hippopotames“, répond Olivier sourire aux lèvres. En plus d’être l’une des espèces animales les plus dangereuses d’Afrique, les hippopotames pourraient venir saccager la vigne sans cette barrière naturelle !

Les vins de Castel Winery

Situé à 1600 mètres d’altitude, avec une pluviométrie annuelle de 650 mm, des températures moyennes de 25° degrés toute l’année et des sols de type sablonneux, le domaine Castel réuni de bonnes conditions pour l’élaboration de vin de qualité. Sans compter que son chai est flambant neuf.
Deux gammes de vin chez Castel.
Accacia, la gamme tradition du domaine, avec des vins sur le fruit élevés en cuve inox.
Acacia Medium sweet white 2013, un 100% Chardonnay, avec des parfums de banane et de fleurs blanches et une sucrosité moyenne en bouche.
Acacia Medium sweet red 2013, un assemblage à part égale de Cabernet Sauvignon, Sangiovese et Syrah. Nez de fruits noirs. Le côté sucré en bouche est très apprécié des palets éthiopiens.
Acacia Dry red 2013, le même assemblage en version sec, avec un fruit noir intense et de la fraîcheur.

Rift Valley, une gamme premium avec des vins en partie élevés en barriques françaises.

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Rift Valley Chardonnay 2013, un nez et une bouche sur la pêche de vigne et les agrumes. Très frais. L’ajout de copeaux de bois donne un peu de rondeur.
Rift Valley Merlot 2013, un vin plein de fruits rouges, croquant. Le bois assoupli les tanins.
Rift Valley Cabernet Sauvignon 2013, un vin plus puissant avec une belle matière en bouche et de la mâche. Bien fait.
Rift Valley Syrah 2013, le vin le plus abouti et le plus intéressant de la dégustation, avec des notes d’épices, de fruits noirs et de violette. Belle surprise.

Le Fouettard veille sur les vignes d’Ethiopie

Impossible de conclure cet article sans vous présenter un métier unique…
La vigne a beaucoup de prédateurs – plus ou moins dangereux d’ailleurs – lorsque les grappes poussent sur la vigne. Au Zimbabwe et au Kenya il faut faire face à des attaques de singes en quête de baies sucrées à se mettre sous la dent, et dans ce cas des gardes armés sont en poste, c’est efficace et dissuasif. En Ethiopie nous venons de voir qu’il y avait même les hippopotames qui s’en mêlent. Mais le principal fléau pour beaucoup de vignobles reste les attaques d’oiseaux ! Lorsqu’un escadron attaque un vignoble, il peut décimer une récolte en seulement quelques minutes. Une méthode, notamment utilisée en Namibie, consiste à mettre des filets sur la vigne. Plutôt efficace mais couteux s’il faut couvrir plus de 100 hectares…

Fouettard @ Awash Winery

Fouettard @ Awash Winery


Alors en Ethiopie – chez Awash comme chez Castel – nous avons vu pour la première fois un métier tout aussi unique qu’improbable : le métier de fouettard ! Car la main d’œuvre n’est pas chère. Et le bruit du fouet claquant l’air est très impressionnant. Nous avons eu une démonstration dans les règles : ça fait du bruit et c’est spectaculaire. Imaginez, tous les 30 mètres autour du vignoble, un fouettard en poste, agitant son lacet de cuir avec énergie. Un joli concert !

En résumé, l’Ethiopie a été pour nous une invitation au voyage, à une méditation profonde sur notre Moi intérieur. Un retour à des valeurs fondamentales, où l’homme et la nature s’écoutent. Ce pays nous a ouvert les yeux sur la beauté du monde qui nous entoure (si ce n’était déjà fait cela l’a amplifié) et nous a montré à quel point notre écosystème est fragile et se doit d’être préservé.
Allez visiter ces deux domaines, vous y serez très bien accueillis, parole d’explorateurs !

WineExplorers’ment votre,
JBA


*Le millésime n’est pas mentionné sur les bouteilles.
**Les éthiopiens consomment surtout des résineux depuis le début du XXème siècle, c’est à dire des vins issus de raisins déshydratés après la vendange – en provenance de Turquie ou d’Afrique du Sud – puis réhydratés sur place avant la fermentation.

Le Kenya viticole, un trésor bien gardé

Chers amis lecteurs, nos plus sincères excuses pour cette petite interruption : nous avons fait un break de quelques jours en France mi-avril pour alléger nos sac à dos et faire nos demandes de visas Asie.
Nous voilà repartis de plus belle sur les routes du vin avec vous, avec le récit de notre passage au Kenya !

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De retour à Nairobi après notre mésaventure tanzanienne, nous décidons de prendre les choses en main et de faire appel aux bons contacts. Il va falloir que nous soyons bien guidés…car trouver les vignobles du Kenya relève avant tout du défi !
Nous savons qu’il existe deux domaines viticoles pour tout le pays. L’un d’entre eux se trouve dans la Rift Valley – à l’ouest de Nairobi – et le second de l’autre côté, à deux heures de voiture à l’est de la capitale. C’est un début.

Quand partenariat rime avec synergie

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Rendez-vous est pris avec l’équipe kenyane de DB Schenker, notre partenaire logistique (grâce auquel nous envoyons et stockons des échantillons de vin en France, dans le but de les redéguster). Eux, sauront certainement nous guider dans notre exploration.
En moins d’une matinée et quelques échanges téléphoniques plus tard, nos informations sont belles et bien confirmées : les deux domaines sont toujours en activité. Une voiture de location nous est trouvée. Et cerise sur le gâteau, notre chauffeur est natif de la Rift Valley. On gagne toujours à barouder avec les locaux !
Merci DB Schenker pour cette efficacité !

Tout vient à point pour qui sait attendre…

Après trois heures de route en direction de l’ouest – et un pneu crevé ! – nous arrivons sur les plateaux qui dominent la Rift Valley, à 1 900 mètres d’altitude.

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Autour de nous, des montagnes. La vue est à couper le souffle. Mais pas la moindre trace de vignoble…
Notre chauffeur – qui connaît pourtant bien la région – s’arrête soudain pour passer un coup de fil. Il est perdu ! “On attend là. » Nous explique-t-il. Vingt minutes plus tard, un homme sorti de nulle part s’approche de la voiture. Il monte, nous salue et se met à donner des indications à notre homme. Nous roulons sur des chemins de terre. Aucun panneau indiquant un domaine viticole à proximité. Quand soudain, au détour d’un sentier, nous tombons nez à nez avec un immense portail. Des gardes sont en faction. Nous sommes arrivés à la Rift Valley Winery.
Le domaine, qui fait partie de la Kenya Nut Company, une grande entreprise privée du pays, spécialisée dans la production de noix de macadamia, de café et l’élevage de bovins, se cache à l’abri des regards indiscrets, et de surcroit sait se faire désirer. Car y rentrer est un autre challenge…

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En effet nous n’avons pas de rendez-vous, faute de contact. Nous nous présentons donc à la grille. Après quelques minutes d’attente, les responsables du vignoble nous font savoir qu’ils aimeraient bien nous recevoir mais qu’il y a des procédures à respecter. Nous sommes invités à repasser plus tard. Tôt le lendemain matin, nous voilà de retour, sur le pied de guerre. L’attente est longue. Vers midi nous recevons une réponse : pas d’autorisation, nous devons attendre un jour de plus… Mais il en faut plus pour nous décourager, parole d’explorateurs ! Nous serons là demain matin à la première heure.

Le Kenya est un pays merveilleux et sauvage, où l’homme et la nature cohabitent en parfaite harmonie. Nous partons donc en excursion pour l’après midi, à deux pas d’ici, dans une réserve naturelle où vivent des espèces d’oiseaux endémiques ainsi que des hippopotames. L’occasion d’une bien jolie parenthèse hors du temps.

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Le 3ème jour nous nous présentons de nouveau à la grille dans l’espoir de rentrer. Le verdict tombe enfin : nous sommes invités au domaine pour déguster les vins !

Leleshwa wines, la marque de Rift Valley Winery

Un terroir propice à la viticulture au Kenya…c’est possible ! Ici à Naivasha les températures ne montent jamais au dessus de 32°. Et grâce à l’altitude – le vignoble culmine entre 1900 et 2100 mètres – les nuits sont fraîches. Les sols de type volcanique bénéficient d’un bon drainage, ce qui permet d’évacuer rapidement les fortes pluies de mars, juste avant les vendanges. Le vignoble, créé en 1992, a donc tous les atouts pour faire du bon vin.
D’abord expérimental, ce n’est qu’en 2002 que la 1ère production vit le jour. On y trouve du Sauvignon blanc, du Colombard, du Chenin blanc et du Muscat d’Alexandrie pour les blancs, du Shiraz, du Cabernet Sauvignon, du Merlot et de l’Alphonse Lavallée pour les rouges.
La Rift Valley Winery, qui commercialise ses vins sous la marque “Leleshwa wines“, produit actuellement 60 000 bouteilles et affiche de sérieuses ambitions. « D’ici moins de dix ans nous allons planter plus de 150 hectares de vigne et visons le million de bouteilles », nous confit Emma Nderitu, la jeune et prometteuse oenologue du domaine.

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4 cuvées : Leleshwa Sauvignon blanc 2012, un blanc sec avec une touche de Chenin blanc (10%), Leleshwa Merlot-Shiraz 2011, et Leleshwa Merlot-Shiraz semi-sweet 2011, un rouge sucré qui rencontre un franc succès au Kenya.
Mention spéciale pour la cuvée
Leleshwa Rosé semi-sweet 2012, un assemblage de Cabernet Sauvignon et de Syrah. Un nez de mûre et de violette. Une bouche qui se rapproche d’un Tavel (rosé puissant des Côtes du Rhône méridionales). Très frais, le sucre du vin s’équilibre bien face à une forte acidité. Un compagnon de grillades fort sympathique !

Yatta Winery & le Tetra Pack

Aussitôt notre plaisir digéré, nous voilà repartis sur les routes. Il est 6h du matin et un autre domaine nous attend à 3 heures à l’est d’ici. Nous arrivons à Yatta, un village pittoresque dans la campagne. L’endroit semblait tout aussi isolé et inaccessible que le précédent. Les check-points militaires sont nombreux à l’approche du vignoble. Normal, nous dit notre chauffeur, le domaine appartient à l’état. Lorsque nous arrivons devant le domaine, surprise : il ne semble pas y avoir âme qui vive ici. C’est déconcertant. « Il y a quelqu’un? », demande-t-on. Soudain un homme vêtu d’une chemise beige sort d’une petite maison en face de nous. La seule construction dans le coin semble-t-il.
Nous n’avons pas de rendez-vous. Va-t-il nous laisser entrer ? Oui, le manager du domaine, Juma Dennis, le sourire grand aux lèvres, nous invite à entrer et nous fait visiter le vignoble : 13 hectares de vignes plantés en 1992 sur des sols sablo-limoneux. Nous avons une bonne étoile au dessus de nos têtes !

JBA & Juma Dennis, from Yatta Winery

JBA & Juma Dennis, from Yatta Winery


« Attention où vous mettez les pieds – précise-t-il – l’endroit est infesté de serpents ». Pitons, boas, black mambas et autres espèces amicales… Précautions prises, (nous marchons sur des œufs) nous entamons une promenade à travers vigne, et croisons même quelques singes curieux. Juma nous apprend que la cuverie se trouve à Nairobi et nous organise une dégustation dans l’après-midi. De retour à la capitale, nous voici dans les locaux de la Kenya Wine Agencies Ltd (KWAL), groupe propriétaire de la Yatta Winery.
Et là, surprise…deux vins sont produits, un blanc et un rouge…en Tetra Pack d’1L ! “Question de coût, tout simplement“, nous explique Charles Kamau, le directeur de production. Et pourquoi pas, après tout ? On trouve bien de très bons vins en Bag In Box®. Nous sommes impatients de déguster les vins en tout cas !

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Le Yatta Vineyards White Wine est un assemblage de Chenin, Sauvignon blanc et Colombard. Des arômes de pomme, de citron et de bonbon acidulé. Une bouche fraîche.
Le Yatta Vineyards White Red est un assemblage original de Ruby cabernet et de Cabernet sauvignon, avec un nez de fruits rouges et des tanins souples en bouche.
Les vins ne sont pas millésimés. Et pourquoi pas, après tout.

Yatta Winery

Yatta Winery


Une chose est sûre, le Kenya est un pays plein de surprises. Et ses terroirs, nichés au creux des montagnes, loin à l’abri des regards indiscrets, ont un potentiel certain. 
Avis aux amateurs…
Mais pour l’instant cap sur l’Ethiopie, notre prochaine escale !

WineExplorers’ment votre,
JBA