La face cachée des Etats-Unis

Sortir des sentiers battus…
Tel était notre objectif avant d’entamer notre tournée des vignobles américains. Beaucoup nous ont d’ailleurs pris pour des hurluberlus lorsque nous avons décidé de ne pas nous rendre en Californie, l’État super star du pays. Normal me direz-vous: il représente à lui seul 90% de la production du pays(1).
Sauf que voilà… chacun des 51 États des Etats-Unis produit du vin, y compris l’Alaska et Hawaï ! Soit une multitude de découvertes en perspective. Alors nous avons loué une voiture pendant un mois et roulé de Washington au Texas, en passant par l’Idaho, l’Utah, le Colorado et le Nouveau Mexique.

Road trip des WINE Explorers - USA

Road trip des WINE Explorers – USA


Une autre façon de découvrir l’un des géants du secteur vitivinicole, 4ème producteur de vin au monde avec 22 millions d’hectolitres produits en 2013(1). En route pour un road trip de 8 400 km.

Washington, le n°2 américain

Washington est le 2ème plus grand producteur de vin aux Etats-Unis (24 000 ha pour 800+ domaines viticoles), devant New York (15 000 ha) et l’Oregon (6 700 ha). De quoi explorer… Voiture de location en main, nous commençons par la banlieue de Seattle. Il pleut des cordes, le ciel est noir ; c’est déprimant. Ici pas de vignoble à l’horizon (les vignes sont loin au sud de l’Etat), mais deux domaines qui nous intéressent pour leurs divergences. Le premier est ultra médiatique et trust les grosses notes Parker, le second est familial et beaucoup plus discret.

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Nous démarrons donc avec Quilceda Creek, où l’on tente notre chance même si je sais qu’ils ne reçoivent pas de visiteurs. « Nous vendons tout sur allocation ou directement à des magasins haut de gamme. Aucune dégustation n’est possible ici, j’en suis désolé », nous explique John D. Ware, l’un des copropriétaires, qui accepte de nous recevoir et de nous montrer le chai. Mais alors, comment nous faire une opinion du domaine sans en goûter la production? Devant notre déception, John nous offre une bouteille de leur Quilceda Creek « CVR » 2012 (80$), histoire d’affronter la grisaille du dehors. Nous apprécions le geste. Surtout que nous découvrirons là un très joli vin rouge (majoritairement cabernet sauvignon), souple, sur les épices et avec de jolis fruits noirs. Notre moral a retrouvé des couleurs.

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Direction Efeste, notre seconde visite, pour une séance de travaux pratiques sur la table de tri avec les ouvriers du domaine. C’est bon de mettre la main dans les raisins dès qu’on en a l’occasion ! L’odeur du jus de raisin frais emplit la pièce et régale les narines. De quoi nous mettre en appétit avant de déguster les vins ; comme leur cuvée Emmy 2011, qui restera dans les annales : un assemblage rhodanien de type GSM(2) avec un nez sur le poivre, la réglisse et la prune et une bouche veloutée sur les fruits noirs, la violette et le cacao. Un régal ! (45$/bouteille).

Mais c’est dans la région de Walla Walla, à 4h de voiture au sud, que se trouve la plupart du vignoble de Washington, car il y fait chaud et sec. Nous prenons donc la route car nous sommes attendus sur place par Gilles Nicault, un français passionné (et passionnant) implanté dans la région depuis 20 ans.

Gilles Nicault

Gilles Nicault


Gilles est l’œnologue permanant de
Long Shadows Vintners, une collection unique et ultra-premium à Washington, créée par Allen Shoup (ancien directeur de Château Ste Michelle), et regroupant 9 œnologues de renommée internationale. On y retrouve des noms célèbres comme Armin Diel, John Duval, Randy Dunn, Michel Rolland ou encore les frères Folonari. Choix des levures, choix de l’élevage, choix des tonnelleries…chaque œnologue à ses secrets et Gilles, en chef d’orchestre, élabore les vins dans le respect des souhaits de chacun. « Il faut sans cesse se remettre en question afin de refléter au mieux la personnalité de chaque œnologue dans leurs cuvées respectives, c’est très plaisant », nous confie Gilles. Il décide de nous emmener voir le vignoble de plus près, histoire de mieux ressentir l’atmosphère des vendanges. Après une heure de voiture nous arrivons sur les hauteurs de la Columbia River, l’une des deux grandes rivières de l’Etat.

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Une surprise de taille nous attend. Devant nous apparaît ce qui est sans aucun doute l’un des plus beaux vignobles au monde : des rangs de vigne verdoyants qui plongent à flanc de canyon avec en contrebas la rivière, le tout sur fond de ciel azur. Une carte postale dont j’ai même fait mon fond d’écran d’ordinateur.
Sauf que voilà… de l’autre côté de la Snake River, à tout juste quelques centaines de mètres de là, le spectacle est tout autre. Face à nous se dresse une pleine désertique à perte de vue – une réserve indienne réquisitionnée par le gouvernement dans les années 30, actuellement laissée à l’abandon et dont les américains ne savent plus quoi faire aujourd’hui tellement l’endroit est pollué et dangereux. Mais quel est donc cet endroit ?

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« Nous sommes devant le site nucléaire qui a construit les deux bombes tombées sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945 ». Nous sommes sans voix. Je reste là, fébrile, à méditer de longues minutes face à une telle horreur. Comment le monde peut-il nous “offrir“ des contrastes aussi saisissants ?!
La rivière et le canyon sont-ils des barrières suffisantes à la protection du vignoble ? Pas sûr… Mais le vin reste la plus saine et la plus hygiénique des boissons, nous affirmait Pasteur. Et ceux la sont délicieux ; comme les cuvées Sequel 2011 (60$) et Chester-Kidder 2011 (50$), deux très beaux vins taillés pour la garde. Alors régalons nous.

Quelques autres belles découvertes en rouges : la cuvée Estate Barbera 2012 (29$) du domaine Woodward Canyon et le GSM 2011 (33$) du domaine Forgeron Cellars.

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L’Idaho, un air de campagne d’antan

Quand on pense à l’Idaho, on imagine les montagnes enneigées et les stations de ski. Mais vers Caldwell, au sud de l’Etat, on fait du vin depuis 1865 ! Certes la production de vin y est toute petite (50 domaines pour 485 ha), mais les vignobles ont du charme. On retrouve ce côté rural et champêtre qui parfois manque au paysage viticole américain. Comme chez Ron Bitner, docteur en biologie et grand connaisseur des sols, qui aime flâner sur les 10 ha de son domaine, Bitner Vineyards, pour admirer les espèces d’insectes bénéficiaires venus coloniser naturellement le vignoble. « Ici chaque insecte joue un rôle majeur dans la protection de la plante et remplace l’utilisation de pesticides. Ça n’est pas de la magie, c’est un écosystème », aime-t-il souligner à juste titre. Un couple qui ne manque pas d’humour puisque sa femme, Marie, a créé une étiquette au nom des plus originaux : Ménopause Merlot. Un vin rouge au charme provocateur, qui ne manque ni de fruit ni d’énergie.

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Non loin de là, à Fujishin Family Cellars, c’est chez une famille d’origine japonaise que nous avons rendez-vous. Une gamme de vins aussi impressionnante que diversifiée, que l’on déguste au rythme des cépages : riesling, viognier, gewurztraminer, chardonnay, petite sirah, tempranillo, cabernet sauvignon… « En Idaho les gens boivent d’abord de la bière et du whisky, du coup on essaye de proposer une gamme de vins très diversifiée pour que chacun puisse y trouver son compte », souligne Martin, le propriétaire des lieux. Coup de projecteur sur leur cuvée Amatino 2010, un assemblage de syrah (92%), viognier (5%) et petite sirah (3%), au prix de 22$ la bouteille.

Utah, le défi (impossible) : Vinifier au pays des mormons

Nous ne sommes pas là pour parler religion, cela va de soi. Chacun est libre de sa pensée et fait le choix de sa religion, de son athéisme, voir même de son agnosticisme(3). Sauf que…essayez d’imaginer un instant vendre votre vin dans un Etat où la majorité des gens – parce qu’ils sont mormons, ou devrais-je dire de “L’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours“ – doivent s’abstenir de consommer de l’alcool(4) ! Autant scier la branche sur laquelle vous êtes assis.

Native Wines - Mt. Pleasant, UT

Native Wines – Mt. Pleasant, UT


Nous avons été séduits et touchés par les quelques irréductibles gaulois que nous avons rencontrés. Car vins de fruits mis à part (comme The Hive Winery à Layton, des vins de fruits déments à goûter d’urgence), il suffit des doigts d’une main pour compter le nombre de vignerons en Utah. Michael Knight, du domaine Kiler Grove est l’un d’entre eux. Sa particularité : son unité de production est à Salt Lake alors que son vignoble est en Californie… à 12h de voiture. Atypique ? « Hélas non, c’est une pratique très courante aux Etats-Unis et qui se pratique dans beaucoup d’Etats », non confie-t-il. Deux raisons à cela : les prix au kilo sont imbattables en Californie, et le climat permet une qualité constante année après année. Difficile de parler d’“identité du vin“ ou de “terroir“ dans tout ça. Il existe toutefois deux domaines qui possèdent leurs propres vignobles en Utah. Et pas n’importe où : dans les montagnes rouges de Moab, là où ont été tournés des films cultes comme Indiana Jones et la dernière croisade, Mission impossible 2 ou encore la course de vaisseaux dans Star Wars, épisode I : La Menace fantôme. Un véritable paysage de feu.

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Arrivés à la nuit tombée à Spanish Valley, un domaine familial fort sympathique, nous sommes invités à rester pour la nuit. Au programme de la soirée : dégustation mets et vins avec les meilleures pizzas de la ville. Je dois admettre que les duos pizza aux légumes/Riesling 2012 et pizza napolitaine/Cabernet Sauvignon 2012 auront fait mouche ce soir là ! Le lendemain, nous prenons la direction de Castle Creek, à 20 km de là, où nous découvrons une production de vins frais et fruités, comme leur 100% muscat de la cuvée Lily Rose 2012 (11$). Un joli domaine, simple et modeste, qui vend en partie sa production aux touristes venus visiter la région.

C’est bel et bien un défi que d’être vigneron en Utah. Car outre une grande dose de courage et de passion, il faut surtout réussir à vivre de son labeur. Et de nombreux domaines ont tout simplement rendu les armes, faute de moyens. C’est le cas de Native Wines, du côté de Mt. Pleasant. Son propriétaire prend la chose avec philosophie. Il s’est depuis reconverti en professeur de guitare. « Il y a dix ans je n’ai pas survécu, faute de clients. Et maintenant j’ai bien plus d’élèves que je  n’avais de clients à l’époque», s’amuse-t-il à raconter. 

Round Mountain, UT

Round Mountain, UT


Même cas de figure à Round Moutains, vers Moab, où deux retraités s’étaient lancés dans le vin par amour du produit. « Nous avons dû arrêter en 2008 à cause des taxes et du prix exorbitant de la licence. Et les stocks qu’ils nous restent ne peuvent être vendus, sinon nous serions dans l’illégalité. Alors on offre des bouteilles aux amis », nous expliquent-ils dans un soupir.
Force est de constater que le vin n’est pas toujours le bienvenu dans certaines régions du monde. Oui je sais, on ne peut pas plaire à tout le monde…
En chemin pour le Colorado nous consolons notre amertume grâce aux paysages qui bordent notre route. Quel spectacle.

Colorado, vins d’altitude et de copains

La suite de notre road trip américain prend désormais de la hauteur : le Colorado est sur un plateau. Et c’est à 1600 m au dessus du niveau de la mer, autour de la ville de Palisade, que nous avons décidé de nous arrêter. Un climat tempéré, sec et ensoleillé (300 jours de soleil par an) aide ici au développement de la vigne et permet à une trentaine de domaines(5) d’exprimer tout le potentiel de cépages exigeants comme la syrah, le merlot ou le cabernet sauvignon.

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À Mesa Park Vineyards, nous retrouvons Brad et Brooke Webb, un jeune couple qui a décidé de se lancer dans l’aventure en 2009, avec l’aide des parents de Brooke. « Un nouveau défi pour une nouvelle vie », nous raconte-t-elle le sourire aux lèvres. Cette année la météo a été particulièrement capricieuse et il a fallu acheter des raisins à d’autres producteurs du Colorado. Mais qu’importe. « Ça fait partie du jeu. Il faut savoir écouter la nature et rester humble ». C’est ça aussi le vin. Le Merlot 2012 (25$) et le Cabernet Sauvignon 2011 (20$) se défendent d’ailleurs très bien. Brad a cuisiné mexicain et nous festoyons en regardant SOMM, un documentaire illustrant le parcours de quatre candidats au prestigieux concours de Master Sommelier. Une belle soirée.

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Au petit déjeuner le lendemain, Brad nous suggère de nous rendre au domaine Maison la Belle Vie, où son ami français John Barbier a élu domicile dans les années 90.  « Je l’appelle ! ». Une heure après, le Frenchy – comme on l’appelle ici – nous attend, gai comme un pinson et plus survolté qu’une pile électrique neuve ! John est branché sur 1000 volts. Pas étonnant, ce week-end il a deux mariages à gérer ici. Car John est un fervent défenseur de l’oenotourisme et il fait tout pour que le client se sente bien à Maison la Belle Vie (un domaine qui ne pouvait porter meilleur nom).

Maison la Belle Vie

Maison la Belle Vie


Son temps est précieux mais qu’importe, nous sommes désormais ses invités. « Ici on fait des vins légers, fruités et avec de belles acidités ; pour accompagner les charcuteries et les fromages français dont raffolent nos clients. On est d’abord là pour se faire plaisir ». En témoignent trois très jolies cuvées :
Cabernet Sauvignon Reserve 2011 (30$), Syrah Reserve 2012 (32$) et Red Blend 2011, un assemblage de merlot, petit verdot et syrah. John est un phénomène…portrait à suivre.

Le Nouveau Mexique, une touche d’Italie dans le désert

Rouler est un plaisir, surtout dans cette partie du monde. Et bien que nous venions déjà d’engloutir aisément quelques 4000 km, la route est encore longue car bien que le Nouveau Mexique compte une cinquantaine de domaines éparpillés sur tout le territoire(6), c’est au sud de l’État que nous avons décidé de nous rendre. Jamais je n’aurais imaginé croiser ici tant de beauté et de diversité de paysages.

Landscapes, NM
Nous avons jeté notre dévolu sur le domaine Luna Rossa Winery, à Deming. Un bel exemple de réussite à l’italienne. Paolo D’Andrea, 4ème génération de vignerons dans le Frioul, a quitté le pays en 1986 pour venir apprendre aux travailleurs hispaniques comment tailler la vigne. N’oublions pas que nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du Mexique et qu’ici – encore plus qu’ailleurs dans le pays – tous les travailleurs sont hispaniques. En 2001 il a l’opportunité de créer, avec sa femme Sylvia, son domaine de 120 hectares. Paolo est un puriste. « Sur les grands cépages italiens plantés ici, c’est minimum 5 ans d’élevage et 4 ans en bouteille avant de commercialiser le vin. Sinon les gens n’ont pas la patience d’attendre et boivent le vin sans le comprendre ». Une initiative rare et géniale qui offre des vins profonds et complexes ; comme le Reserve Barbera 2006 (50$), une petite merveille.

Luna Rossa Winery

Luna Rossa Winery


Une fois par mois Paolo sort le camion à pizza au feu de bois pour une soirée de fête au domaine. Et ça tombe bien, c’est aujourd’hui. Comme à l’accoutumée il y a foule. « La base de la pizza, ce sont les ingrédients. J’importe tout d’Italie. C’est ça qui fait notre succès ». Plus de 250 pizzas préparées lors du dîner… objectif atteint ! En guise de clôture et après avoir célébré l’événement dignement, Paolo nous invite à dormir dans son camping-car de vacances, situé à l’orée du vignoble, histoire d ‘économiser une nuit dans un motel. « Vous êtes les gardiens du domaine cette nuit », nous dit-il en riant.

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Le Texas, l’État qui sauva la France du phylloxera

Plus grand que la France, historiquement conservateur et dominé par les républicains, le Texas m’était avant tout apparu comme la patrie du rodéo, des westerns et de la country. Et bien pas que ! Car c’était sans compter sur une industrie viticole impulsée dès les années 1650 par les colons espagnols(7), et qui compte désormais une quarantaine de vignerons, majoritairement implantés dans les environs d’Austin.

Qui plus est, nous devons une fière chandelle au scientifique texan Thomas Volney Munson, qui suggéra en 1880 à son ami français Pierre Viala – alors que le vignoble français été en train de se faire ravager par le phylloxera – d’y envoyer des porte-greffes du Texas, résistants à l’insecte. La décision fut prise et le vignoble sauvé ! Thomas fut alors fait Chevalier du Mérite Agricole, la plus haute distinction décernée à une personne étrangère par la France. Merci Mr Munson d’avoir aidé à la sauvegarde de notre patrimoine.

Fall Creek Vineyards

Fall Creek Vineyards


On comprend d’autant mieux la résistance des porte-greffes texans lorsque l’on regarde le climat local. À l’est de l’État (là où se trouvent les vignobles), la région est subtropicale. Il y fait très chaud, humide et les cyclones sont nombreux à cause de l’influence du golf du Mexique. Les lacs sont pour la plupart asséchés en été et les vendanges sont très précoces (démarrage aux environs du 15 juillet). Et pourtant il peut geler au printemps et dévaster les premiers bourgeons, comme à Flat Creek Vineyards, où l’an passé la majorité de la récolte à été détruite début mai à cause d’une forte gelée. En tout cas pas de quoi inquiéter Rick et Madelyn Naber, les propriétaires, qui malgré tout, produisent de très jolis vins, comme les cuvées Four Horsemen 2011 (45$) et Tempranillo 2011 (45$). Deux autres coups de cœur à visiter : West Cave, où les propriétaires, après avoir fait fortune dans l’industrie, ont investi tous leurs deniers dans un vignoble de 11 ha.Partis de rien en 1990, ils font aujourd’hui sensation grâce à leur philosophie très proche de la terre. En témoignent leurs cuvées Spectrum White 2012 (35$) et Ruby Cabernet 2013 (27$). Enfin le domaine Fall Creek, avec leur délicieux GSM 2012 (30$), un vin généreux et plein de fruit.

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Comble de l’ironie, notre marathon viticole américain s’achève par la Californie, non pour une visite des vignobles (la prochaine fois, c’est promis !), mais pour rendre notre voiture de location à San Diego, avant le passage de frontière vers le Mexique. L’occasion de constater que la Californie est aussi le paradis des “R.V. Resort“, autrement appelés campings de luxe. Car le caravaning est roi aux Etats-Unis et c’est en Californie qu’on en trouve le plus. Climat oblige. Plus d’un foyer sur dix serait touché par le virus. Et les plus grands camping-cars ressemblent à de véritables maisons sur roues. Nous avons visité l’un d’eux, Sunbeam Lake R.V. Resort, le temps de partager l’apéro avec quelques habitués – tous juste arrivés pour les six prochains mois d’hiver – histoire de mieux comprendre le phénomène.

19_USA_RV Resort, CA
« Tout le monde se connaît et on ne s’ennuie pas un instant ». Verre de riesling à la main, nous écoutons les histoires de chacun. Certains viennent même de la côte est, et du Canada. Santé !

WineExplorers’ment votre,
JBA

 

Merci à Gilles Nicault, Zachary Weber, la famille Stripeika, Brad & Brooke Webb, Paolo & Sylvia D’Andrea et à nos chers amis français Anne Caron et Fréderic Leclercq pour nous avoir hébergés et accueillis à bras ouverts pendant notre séjour.

 

(1) Source : Sud de France
(2) GSM : grenache, syrah et mourvèdre ; les trois principaux cépages rouges utilisés en vallée du Rhône méridionale.
(3) L’agnosticisme (ou religion de l’interrogation) est une attitude de pensée considérant la vérité de certaines propositions concernant notamment l’existence de Dieu (ou des dieux) comme inconnaissable. Les agnostiques refusent de trancher.
(4) C’est ce que l’on appel la Parole de Sagesse : une loi de santé chez les mormons qui consiste à s’abstenir d’alcool, de tabac, de café et de thé.
(5) Pour plus d’informations sur les vins du Colorado: http://www.coloradowine.com
(6) Pour plus d’informations sur les vins du Nouveau Mexique : http://nmwine.com/wineries/wineries-map/
(7) Pour plus d’informations sur les vins du Texas : https://www.texaswinetrail.com

NB : Le  » 51ème Etat « , dans le discours politique américain de l’après – 1959, est une expression qui se réfère à des zones ou lieux qui sont – de manière sérieuse ou facétieuse – considérés comme des candidats potentiels pour rejoindre les 50 États qui sont déjà en place aux États-Unis. L’expression est utilisée ici dans un sens positif, de manière humoristique et purement amicale ; pour mettre en évidence le fait que des très bons vins peuvent être produits un peu partout dans le pays.