Le Brésil, promis à un avenir pétillant

Nous ne sommes qu’à quelques heures de Rio de Janeiro, de ses plages endiablées et de son atmosphère électrique. Pourtant c’est bien pour découvrir une industrie viticole en pleine révolution que nous sommes au Brésil. Où la production de vin de qualité – bien que promise à un bel avenir – fête tout juste ses 25 ans !

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C’est au sud du pays, dans la Serra Gaucha, que nous avons rendez-vous pour visiter la plus grande région de production du pays (1), là où la vigne fut introduite par les jésuites dès 1626 (2). Arrivés en bus depuis Montevideo, nous sommes attendus à Porto Alegre par Joana Monteiro, de l’équipe de Schenker do Brasil, qui nous accompagne à la découverte du vignoble brésilien.

Une jeune viticulture à prendre très au sérieux

Sitôt arrivés à Bento Gonçalves, le chef-lieu de la viticulture, nous sommes invités à déjeuner par l’équipe de Wines of Brasil (l’organisme de promotion des vins brésiliens), pour une brève leçon d’histoire. L’occasion de savourer un délicieux Churrasco (3). La ronde des serveurs, avec leurs plats de viande tous plus appétissants les uns que les autres, est incessante. Quel accueil formidable !

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Nous apprenons que le Brésil est le cinquième plus grand producteur de vin dans l’hémisphère sud et cultive la vigne depuis le début de sa colonisation. Toutefois, ça n’est qu’avec l’ouverture du marché aux importations au début des années 90 – qui a permis aux consommateurs de réaliser ce qu’était un « bon » vin sur un plan international – que le Brésil a commencé à se tourner vers la qualité. « Sans référents préalables avec d’autres vins du monde, il était bien difficile pour les viticulteurs brésiliens de tirer leur production vers le haut », nous confie-t-on.

La Vale dos Vinhedos, comme un air de Toscane

Le programme de nos visites est en grande partie concentré dans la Vale dos Vinhedos, la 1ère Indication Géographique reconnue du Brésil depuis 2002.

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Le paysage est d’une beauté naïve, sauvage et rappelle curieusement la Toscane – région d’où viennent de nombreux immigrés brésiliens. Nous voilà face à des reliefs escarpés, une topographie morcelée et parsemée de petites collines culminant à 700 mètres d’altitude, où les vignes sont majoritairement plantées en coteau, obligeant à un travail manuel rigoureux.
Nous sommes fin décembre et l’effervescence des vendanges commence à se faire sentir (4).

Perini

Perini


La Vale Trentino, à 1h à l’est d’ici, est également une région à fort potentiel, où des domaines comme Perini, bordés de grandes étendues sauvages et de forêts, tirent la production vers le haut.

Des effervescents de classe internationale

Le constat est sans appel, la bulle brésilienne est fine. Et nous, on s’est régalé ! Que ce soit en méthode traditionnelle ou en méthode Charmat (5) (souvent plus industrielle, mais pouvant donner de très jolis résultats, comme chez Chandon, par exemple, un domaine pionnier en viticulture et en vinification dès 1973, qui produit des bulles très fines), les vins effervescents brésiliens nous ont bluffés par leur constance et leur fraîcheur. Promis à un bel avenir, ils sont aujourd’hui au centre de toutes les attentions. Rien qu’au domaine Casa Valduga, on ne compte pas moins de 12 cuvées effervescentes dans la gamme !

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Coup de cœur pour Cave Geisse, un très joli domaine dans les hauteurs de Pinto Bandeira qui produit des bulles d’exception, sur des sols volcaniques et basaltiques du Jurassique. Daniel Geisse, l’œnologue, est un grand perfectionniste, jugez-en par vous même : vieillissement moyen de 2 à 5 ans (va jusqu’à 15 ans pour les magnums!), un stock tampon de 30 jours maximum et des dégorgements tous les jours, remuage traditionnel et vendanges manuelles en caissettes de 3-5 kg. Quand on pense que le domaine stock 600 000 bouteilles dans ses caves alors qu’il en produit à peine 200 000 par an…

Cave Geisse

Cave Geisse


Nos coups de cœur en vins effervescents :
Extra Brut 2011 de Cave Geisse  (50% pinot noir, 50% chardonnay ; 3 ans sur lies)

Gran Nature 2009 de Casa Valduga (70% chardonnay, 30% pinot noir ; 5 ans sur lies)
Safra Nature 2009 de Cave Geisse (50% pinot noir, 50% chardonnay ; 5 ans sur lies)
Brut 2011 du domaine Miolo (50% pinot noir, 50% chardonnay ; 18 mois sur lies)
Excellence Prestige Rosé NM du domaine Chandon (20% chardonnay, 80% pinot noir, méthode charmât, vin de base de 3 ans ; 12 mois sur lies)
José « Bepi » Salton Nature NM de chez Salton (50% pinot noir, 50% chardonnay ; 4 ans sur lies)

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Aurora, la cave coopérative aux mille et un vignerons

Située en plein centre ville de Bento Gonzalvez, la cave coopérative Aurora – qui représente 10% de la production du Brésil – est un formidable levier économique qui préserve la ruralité historique de la région. Créée en 1931 avec 16 fermiers, la coopérative compte désormais plus de 1 100 familles vigneronnes actionnaires, répartis sur 3 000 hectares de vigne. Chaque vigneron est ainsi copropriétaire de l’entité. Et l’achat des raisins se fait en fonction du taux de sucre, et non au kilo, pour obliger les familles à travailler davantage sur la qualité.

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Nos coups de cœur en vins tranquilles brésiliens :
Grande Vindimia Merlot 2008 du domaine Lidio Carraro (100% merlot)
Raizes Corte 2010 du domaine Casa Valduga (40% cabernet sauvignon, 40% cabernet franc, 20% tannat)
Sesmarias 2011 du domaine Miolo (touriga nacional, tinta roriz (tempranillo), tannat, petit verdot, cabernet sauvignon, merlot)
Talento 2009 de chez Salton (40% cabernet  sauvignon, 30% merlot, 10% tannat)
Merlot Reserva 2011 du domaine Pizzato (100% merlot)
Pinto Bandeira Pinot noir 2013 de la cave Aurora (100% pinot noir)
Quatro 2009 du domaine Perini (cabernet sauvignon, merlot, tannat, ancelota)

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L’oenotourisme, atout charme par excellence

Le Brésil a tout compris, l’oenotourisme est partout ! Dans un monde où la surproduction et la concurrence font rage, la clé du succès et de la reconnaissance passe d’abord par une image forte. Autrement, n’importe quel nouveau vin – aussi qualitatif soit-il – peut ne jamais recevoir la reconnaissance qu’il dessert.
Déjà au domaine Casa Valduga, Maria Valduga, la grand-mère bienveillante était précurseur en la matière : elle aimait offrir à manger à chaque visiteur de passage.

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Aujourd’hui les domaines rivalisent de créativité, comme chez Miolo avec le projet « Winemaker », où des amateurs de vin viennent cinq fois par an pour apprendre à faire le vin et repartent avec dix caisses de vin avec leur propre étiquette. Chez Salton, c’est une visite inoubliable de la « Cave da Evoluçao » à la lanterne, sous 8 mètres de profondeur et sur fond de chants religieux qui nous a envoutés. Au domaine Don Giovanni, l’hôtel de sept chambres ne comporte ni télévision, ni internet, pour se ressourcer pleinement et mieux vivre en communauté.
Ou encore chez Lidio Carraro, où l’une des cuvées du domaine a été choisie en 2014 comme vin officiel de la coupe du monde de football au Brésil. Une revanche amicale pour un domaine qui a débuté en 1998, année d’un fameux 3-0 de la France fasse au Brésil. Un doux souvenir, qui semble déjà bien lointain.

Miolo

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Le cœur rempli d’émotions et de belles découvertes, nous terminons notre séjour par un passage éclair sur São Paulo pour une interview avec la chaine nationale Globo. Nous sommes hébergés chez notre amie Janaina Costa Pereira et sa famille. Le moment est touchant car c’est la première fois qu’ils invitent des étrangers chez eux. Toute la famille et leurs amis ont fait le déplacement pour dîner avec nous. Malgré la barrière de la langue, nous passons un moment merveilleux, où viande grillée, caïpirinha et fous rires rythmeront la soirée jusqu’à l’aube. 

WineExplorers’ment votre,
JBA


Merci aux domaines Casa Valduga, Miolo, Lidio Carraro, Aurora, Cave Geisse, Salton, Perini, Peterlongo, Pizzato, Don Giovanni et Chandon pour leur accueil chaleureux ; à Joana Monteiro de nous avoir accompagnés sur le terrain, à l’équipe de Wines of Brazil pour l’organisation extraordinaire de notre séjour et pour avoir permis ces rencontres ; à l’équipe de Schenker Do Brazil pour leur soutien, à Janaina Costa Pereira et sa famille pour leur accueil extraordinaire sur San Paulo et leur hébergement en fin de séjour, malgré la barrière de la langue, à Vino e Arte et Barbarella Bakery pour ces belles dégustations à Porto Alegre.

 

(1) En addition des régions de Serra Gaucha et Campanha au sud, l’état de Bahia, loin au nord, défit les lois de la nature en produisant des vins sur des sols arides à seulement 1050 km de l’équateur, dans la Vale do Sao Francisco (9ème parallèle sud).
(2) Les premières vignes ont été amenées au Brésil par le portugais Martim Afonso de Souza en 1532, dans un but agricole avant tout. Ça n’est qu’en 1551 qu’apparaît le premier vin brésilien. Mais ce n’est qu’à partir de 1626 que l’industrie se développe, sous l’impulsion des jésuites (pour les célébrations religieuses).
(3) Churrasco : barbecue brésilien
(4) Vendanges de fin décembre à début janvier pour les effervescents, début février pour les blancs et de fin février à début mars pour les rouges.
(5) Méthode Charmat (méthode de fermentation en cuve close). Cette méthode fait appel aux mêmes principes que la méthode champenoise ou traditionnelle avec cependant une différence de taille : la prise de mousse se déroule dans une cuve sous haute pression et non en bouteille, ce qui permet la clarification finale du vin en vrac. Elle porte le nom de son inventeur en 1907, Jean-Eugène Charmat de l’université de Montpellier. La plupart des effervescents de type Prosecco spumante, Lambrusco italiens et Sekt  allemands recourent à la méthode Charmat. 

Pour plus d’informations sur les vins du Brésil : http://www.winesofbrasil.com.

L’Uruguay, entre bovins et bons vins

Partis de Bolivie un mardi matin à l’aube, il nous faudra pas moins de trois vols, deux escales et une journée pleine dans les transports pour rallier l’Uruguay à la nuit tombante !

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Les vols directs ne sont pas monnaie courante entre les deux pays. Le trajet Tarija-La Paz, La Paz-Buenos Aires, Buenos Aires-Montevideo une fois enduré, nous sommes accueillis à l’aéroport par Pablo Huarte, un ami d’école originaire de Montevideo et rencontré quelques années auparavant lors de nos études respectives à Bordeaux.

La seconde patrie du Cognac !

Notre périple viticole débute par la Bodega Juanico (à 1 heure au nord de Montevideo), le domaine le plus important d’Uruguay avec 360 ha de vigne répartis sur cinq régions de production. Il représente à lui seul 1/4 de la production de vin du pays. Autant dire qu’en période de vendanges, ce ne sont pas moins de 200 travailleurs qui s’activent. Car en Uruguay la récolte se fait exclusivement à la main !

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Propriété du gouvernement entre 1945 et 1979, l’histoire de Juanico est touchante. Le chai en béton du domaine, créé en 1945, fut un cadeau de la France au domaine pour y commencer une production de Cognac. Oui, oui, de Cognac. En remerciement de la viande envoyée par Juanico pendant la seconde Guerre Mondiale pour aider notre pays. Une belle leçon d’humanité et une exception rare dans le monde puisque l’appellation Cognac est protégée. Exception faite d’une micro-production uruguayenne…

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Avec 2 000 mm de pluie/an (plus du double des précipitations bordelaises) répartis sur les périodes juillet-aout-septembre et janvier-février, combinés à des sols argilo-calcaires lourds, la région est sujette aux maladies et doit faire de nombreux traitements, tant préventifs que curatifs. Fort heureusement, les brises amenées par le climat océanique aident à sécher la vigne et permettent la production de vin de qualité. En témoigne leur délicieuse cuvée Botrytis Noble 2010, un assemblage de gewurztraminer, sauvignon blanc, gros manseng, sauvignon gris (90g de sucre résiduel).

El Vino de Mesa

L’histoire du vin en Uruguay remonte aux immigrants italiens et espagnols au XVIIIème siècle. Aujourd’hui, 95% des 9 000 hectares de vin du pays sont estampillés « Vino de Mesa » et sont généralement vendus en Tetra Pack ou en bouteille d’un litre. Ces vins sont chaptalisés (1) et bus exclusivement en Uruguay.

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La plupart des domaines en produisent, comme chez Juanico (40% de la production) ou encore chez Varela Zarranz (90% de la production) par exemple. Car même si ces vins ne présentent que peu d’intérêt pour l’amateur de vins fins, ils sont ancrés dans les traditions du pays et beaucoup de consommateurs s’y retrouvent. Cela permet également aux domaines de ne garder que les meilleurs raisins pour leur production de grand vin, et ainsi d’en augmenter la qualité.

Tannat & Co

Une balade à vélo ou en voiturette de golf, ça vous tente ? Bienvenue au domaine Finca Narbona, à Puerto Carmelo, où nous nous promenons en toute liberté pour visiter les 15 hectares de vigne de ce très joli domaine classé Relais & Château.

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Ici, la pierre granitique est idéale pour l’élaboration de vins rouges en raison de son pH élevé. Les blancs, quant à eux, sont plantés au sud, à Punta del Este, non loin des fameuses plages du St Tropez de l’Amérique du Sud, où le climat océanique, plus frais, convient mieux. Une belle surprise avec la cuvée Blend 001, un vin rouge dont les cépages et l’assemblage sont gardés secrets et issus de trois millésimes (2010, 2012 et 2013 !). Je les soupçonne d’y mettre un peu de tannat…mais le mystère reste entier.

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Poursuite du voyage au domaine Pisano, à El Progresso, notre coup de cœur d’Uruguay.
Un vignoble familial tenu par trois frères aussi talentueux qu’adorables. Le domaine bénéficie de sols argilo-calcaires avec des pH très élevés (7,5 à 8), qui donnent des vins minéraux et complexes. Au centre de la grande région viticole du pays, ce vignoble à 95% organic ne cesse d’innover. Une de leurs dernières créations : le surprenant et délicieux Tannat Brut Nature 2011, un vin rouge effervescent au nez de petits fruits noirs, avec une bulle fine, de la fraîcheur et des tannins bien présents. S’accommode à merveille avec les morceaux de viande saignants et juteux de l’asado servi au déjeuner !

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Les autres vins retenus lors de nos visites :
Bodegas Carrau, cuvée Tannat de Reserva 2003
Juanico, cuvée Botrytis Noble 2010 (gewurztraminer, sauvignon blanc, gros manseng, sauvignon gris), 90g sucre

Varela Zarranz, cuvée Brut Nature Chardonnay
Pisano, cuvée Arretxea Gran Reserva Tannat 2009
Vina Progreso, cuvée Suenos de Elisa 2011, un tannat fermenté en barriques en grappes entières

L’asado, bien plus qu’une tradition, une institution

On nous avait prévenus : avec quelques 52kg de viande consommés par an et par habitant, les uruguayens sont parmi les plus gros mangeurs de viande de la planète. Pas étonnant lorsque l’on connaît la qualité de la viande, réputée comme étant l’une des meilleures au monde, et l’amour qu’ont les uruguayens à la cuire avec leur traditionnel asado.

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Le processus de cuisson est très simple : il consiste à exposer la viande à la chaleur des braises – et des braises uniquement ; aucune flamme malheureux, ça carbonise les chairs! – pour une cuisson lente et tendre ; arrosée régulièrement du jus de viande en cour de cuisson.
Ce plat traditionnel, véritable fierté nationale, est un catalyseur social. Une coutume ancrée dans le pays depuis la nuit des temps. « Chaque maison uruguayenne est construite avec son four-barbecue en pierre à l’extérieur, spécialement conçu pour la cuisson de l’asado », nous confie-t-on.

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Dégusté à plusieurs reprises et pour notre plus grand plaisir – comme ici avec les frères Pisano – le “barbecue” uruguayen est bien plus qu’une grillade, c’est une institution (2).

 

WineExplorers’ment votre,
JBA


Merci aux domaines Pisano, Juanico, Varela Zarranz, Narbona et Bodegas Carrau pour leur accueil
chaleureux, et à Pablo Huarte pour avoir permis ces rencontres.

Pour plus d’informations sur les vins d’Uruguay : http://www.winesofuruguay.com

(1) Chaptalisation : ajout de sucre au moût pour augmenter le degré d’alcool final du vin après la fermentation alcoolique.
(2) Une rivalité cordiale sur la qualité de la viande qui perdure depuis toujours avec l’Argentine et avec laquelle les uruguayens aiment à rire.