L’Inde viticole, entre défis et (belles) découvertes

Arrivé depuis Paris avec Saudia – une compagnie aérienne que je recommande vivement au passage pour le confort inégalable de sa classe éco – je suis impatient de mettre pour la première fois un pied sur le sol indien ; qui plus est pour en découvrir son vignoble !

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Sitôt débarqué à Bombay, l’atmosphère si particulière de la ville m’électrise. L’odeur d’épices dans l’air, la chaleur accablante, le ballet incessant de voitures et les concerts de klaxons, font de la ville la plus peuplée d’Inde un lieu unique. Aussi addictif pour certains qu’invivable pour d’autres.
En route pour une visite haute en couleurs, dans un pays où la viticulture a réellement débuté dans les années 1970, et qui compte aujourd’hui 90 domaines pour environ 20 millions de litres produits l’an passé.

Une viticulture en plein boom, menée tambour battant par Sula Vineyards

C’est en compagnie de quelques membres de l’Association des Producteurs de Vin d’Asie (l’AWPA) – Denis Gastin (fondateur), Sumedh Mandla (président) et Visooth Lohitnavy (fondateur, domaine GranMonte, Thaïlande), ainsi que Sumit Jaiswal (directeur marketing, domaine Grover Zampa, Inde) et du professeur Charoen Charoenchai de Thaïlande, que j’ai le plaisir de faire le voyage. Une bien belle équipe !

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Après 3h de voiture, nous arrivons à Nashik, au nord est de Bombay, la principale région de production de vin du pays avec 40 domaines. Un plateau perché à 680 mètres d’altitude, connu avant tout pour sa production de fruits et légumes (n°1 dans la culture des oignons, par exemple).

L’occasion d’apprendre que la production de vin en Inde se répartit principalement entre trois régions viticoles(1) : Nasik et Pune sur la côte ouest, deux régions situées dans l’Etat du Maharashtra (80% du vignoble indien) et Bangalore, au sud, dans le Karnataka (10% du vignoble).

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Avec 120 000 hectares de vignes en 2015 et une superficie qui a doublé en quinze ans, le vignoble indien est en plein boom.

Nous sommes attendus chez Sula, le leader viticole indien, avec 60% des parts de marché. Peut-être avez-vous d’ailleurs eu l’occasion de goûter l’un de leurs vins? Vous savez, ces étiquettes au logo si caractéristique en forme de soleil moustachu ! Bien que difficile d’accès (routes indiennes parfois en piteux état et manque de signalétique), la success story de Sula force l’admiration. Avec pas moins de 250.000 visiteurs par an, ce domaine précurseur en oenotourisme a tout compris. Son festival annuel de musique – le Sulafest – à la programmation internationale (plus de 120 artistes sur trois jours), est un modèle du genre. Sans compter les 35 chambres du domaine qui affichent toujours complet.

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Côté vin, toutefois, je m’interroge. Une grande partie des raisins de Sula (comme pour la majorité des domaines indiens, nous y reviendrons plus bas), est achetée aux fermiers de la région. Comment faire, alors, pour s’assurer d’avoir des raisins de qualité ? Surtout avec une production aussi importante.
“La politique de Sula se veut stricte“, nous explique-t-on. “Si les fermiers n’amènent pas les raisins à la bonne date, ils ont des pénalités : cela évite que les grappes soient récoltées trop tôt“.

Faire du vin en Inde, un défi de taille

N’oublions pas que la culture de la vigne en Inde reste avant tout un challenge. Le climat tropical du pays, avec une saison sèche – où les températures peuvent aisément dépasser les 40°C, et une saison des pluies – où le cycle végétatif de la vigne est mis à rude épreuve, en font un lieu de production extrême. On y fait deux vendanges par an (la plus qualitative étant en avril, lors de la période sèche).

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Deux tailles sont également nécessaires. La première juste avant l’arrivée des pluies en mai. La seconde, plus précise, après les moussons d’été, pour une croissance de la vigne programmée d’octobre à mars.

De plus, les systèmes de taxation du vin varient d’un État du pays à l’autre. Un véritable paradoxe, illustré par le domaine Grover Zampa. En 2012, une fusion a eu lieu entre Grover (à Bangalore) et une cave de Nashik, pour éviter les taxes sur le prix des bouteilles entre les deux États (plus d’1/3 du prix de vente final).
Et le protectionnisme sur les terres agricoles oblige les producteurs à sous-louer des terres aux agriculteurs voisins pour s’étendre et se fournir en raisins. Ainsi, pour avoir accès à plus de terres, mais pour pouvoir contrôler la qualité de la viticulture, les domaines prennent des baux à long terme sur les terres appartenant à des agriculteurs locaux (20 ans, avec une option de renouvellement de 15 ans).

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Ajoutez à cela le fait que l’Inde n’est pas un pays de tradition vinicole ; ses habitants consommant 9 millilitres par personne et par an (contre 42 litres(2) en France). Et pour couronner le tout, non seulement l’alcool est prohibé dans de nombreux États ; mais en plus, la publicité sur le vin est interdite en Inde. Autant de facteurs qui pourraient décourager.

Malgré cela, l’enthousiasme des domaines visités est palpable et fait plaisir à voir. Et bien qu’il semblerait globalement que le climat réussisse mieux aux vins blancs, la qualité est là et certaines cuvées indiennes méritent franchement le détour dans toutes les couleurs, effervescents compris.

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Cinq délicieux vins indiens découverts et que je recommande vivement :
Insignia 2015, du domaine Grover Zampa (“Coup de cœur Wine Explorers“ – 100% syrah – Bangalore)
Sparkling Cuvée NM, du domaine York (100% chenin blanc – Nasik)
Réserve Collection Viognier 2015, du domaine Grover Zampa (Bangalore)
Sauvignon Blanc 2016, du domaine York (Nasik)
Dindori Réserve Viognier 2016, du domaine Sula

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Bangalore, région de prédilection pour les vins blancs

Réveil à l’aube pour 1h30 d’avion, direction Bangalore, au sud. Quel changement radical à la sortie de l’avion ! Finis la pollution urbaine et le brouhaha de la ville. On entend même les oiseaux chanter. Le trafic est calme. Les routes bitumées, larges et bien plates. La végétation luxuriante.

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Bienvenue dans la « silicone vallée » de l’Inde, une région à la prospérité économique fulgurante. Rendez-vous est pris au domaine Grover Zampa, le deuxième acteur viticole majeur du pays, dont les premières vignes (cabernet sauvignon, shiraz, merlot, sauvignon blanc, viognier et chenin blanc), ont été plantées au milieu des années 1980. Le domaine est consulté par l’œnologue français Michel Roland.

Ici, certaines parcelles des 180 hectares de vigne du domaine culminent à plus de 1 000 mètres. Résultat, des journées moins chaudes (26 à 28°C) et des nuits fraîches.

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La veille encore, nous visitions leurs vignobles dans la région de Nasik (40 hectares). La gamme de vin étant identique aux deux régions, cela permet de se rendre compte immédiatement de la différence de profil entre les vins : indiscutable. L’altitude de Bangalore – combinée à des sols argilo-limoneux – offre des vins tendus, plus aromatiques et plus complexes ; notamment en blanc.

Une parcelle de sauvignon blanc vient d’ailleurs d’être vendangée en cette matinée de fin janvier. Un travail fait à 70% par les femmes. Les raisins vont maintenant être sélectionnés à la main sur la table de tri. Un contrôle exigeant et qui s’en ressent sur la production, avec des vins élégants dans l’ensemble.

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York Winery, une histoire de famille

D’un autre côté, de plus en plus de petites structures familiales, comme le domaine York Winery, voient le jour. York est un projet initié par l’indien Lilo Gurnani en 2003, à une époque où il développe une passion pour le vin et commence à lire beaucoup sur le sujet. Né à Nasik, il a envie de suivre le mouvement viticole en plein essor de sa région. Il nomme son domaine YORK, en reprenant les initiales de ses trois enfants, Yogita, Ravi & Kailash. Tout un symbole.

Aujourd’hui, deux d’entre eux ont repris les rênes. Rencontre avec Kailash Gurnani, l’un des fils, directeur et œnologue en chef du domaine ; ayant fait ses classes à l’université d’Adélaïde.

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“Si notre marque est aujourd’hui reconnue, c’est parce que nous sommes une entreprise familiale. C’est notre histoire et nous en sommes les visages derrière. Voilà notre stratégie marketing“, raconte-t-il. Et d’ajouter : “avec une gestion familiale, nous nous assurons également un meilleur contrôle sur nos vins“.

L’industrie viticole indienne est donc belle et bien en pleine expansion. Mais aussi au cœur des débats. Quel avenir pour ce jeune secteur aux nombreuses contraintes ?…

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« L’industrie du vin croît régulièrement, à un rythme de 10 à 15%. Cette croissance pourrait être beaucoup plus grande si d’autres États en Inde devenaient accessibles pour vendre du vin“, confie Kailash. Car sur 1,2 milliard de personnes en Inde, moins de 100 millions sont des consommateurs potentiels. Cela dit, l’augmentation actuelle du tourisme viticole est très encourageante et semble concerner des hommes et des femmes de tous âges. Un signe encourageant.

En conclusion de ce voyage des plus enrichissants, nous partons Denis Gastin et moi, dans les montagnes de Nandi Hills, à 30 km de Bangalore, histoire de méditer un peu sur les découvertes de la semaine. Quelques singes intrépides viennent nous tenir compagnie.

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L’Inde m’intrigue désormais davantage et je m’interroge. Dans un pays à la superficie cinq fois plus grande que celle de la France, et dont la diversité culturelle, les paysages, la gastronomie, le climat et la langue changent en moyenne tous les 100km, je sais qu’il me faudra revenir. Pour d’autres visites. Dans d’autres régions. Je m’en réjouis déjà.

WineExplorers’ment vôtre,
JBA

Merci aux domaines Sula Vineyards, Grover Zampa et York Winery pour leur accueil chaleureux et cette première visite de l’Inde inoubliable.
Merci à Denis Gastin et à l’AWPA (Asian Wine Producers Association), pour m’avoir si gentiment aidé dans l’organisation de ce voyage.

(1) Une production émerge également à Hyderabad (État du Telangana, dans le centre), ainsi que dans les États de l’Andra Pradesh (au sud), et de l’Himachal Pradesh (au nord) ; source : http://www.suddefrance-developpement.com 
(2) Estimation Vin & Société

Safari et Vin : bienvenue au Zimbabwe !

Voyageant en avion depuis la Namibie nous arrivons à Harare, capitale du Zimbabwe, après trois heures de vol. Dès la sortie de l’aéroport, nous sommes forcés de constater que nous venons de mettre les pieds dans la “vrai Afrique“ : routes abimées, feux tricolores qui ne fonctionnent généralement pas – ce qui nous oblige à rouler au pas avec les warnings allumés –, aucune plaque indiquant le nom des rues et des panneaux de signalisation bien trop rares. Mais ceci importe peu au final et ne change rien au charme de ce pays incroyable. Ce qu’il faut retenir du Zimbabwe : des gens accueillant avec les bras grands ouverts. Un pays magnifique avec des étendues sauvages un peu partout, comme les chutes Victoria ou encore d’immenses parcs où l’on peut apprécier les joies du safari photo.

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L’histoire de la viticulture au Zimbabwe remonte au XIXème siècle.

Les pionniers ont apporté la vigne  en « Rhodésie », l’ancien nom du Zimbabwe, en 1890, mais la viticulture n’a été entreprise commercialement qu’à partir de 1960*. Les sanctions commerciales imposées par la Grande-Bretagne – après que le gouvernement rhodésien est déclaré son indépendance en 1965 – ont contraint les agriculteurs à diversifier leurs plantations et certains d’entre eux indroduisirent la vigne avec de la Clairette blanche, du Pinotage, du Chenin blanc et du Muscat rouge. Ils se situaient dans les Cantons de l’Est, dans la vallée Hippo, à Marandellas et dans la vallée Mazoe.

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Quand le Zimbabwe a obtenu son indépendance en 1980, l’industrie du vin a été intégré sous le contrôle de trois caves: African Distillers (AFDIS), Cairns Wineries et Meadows Estate. Aujourd’hui l’industrie du vin est en baisse au Zimbabwe. D’après ce que nous avons pu voir de différentes sources d’information, deux domaines seulement semblent avoir survécu dans le pays: Mukuyu Winery et Bushman Rock Estate. Cependant, il semble que la veille de notre arrivée au Zimbabwe – incroyable mais vrai – l’un de ces deux domaines, Mukuyu Winery vienne juste de fermer ses portes ! (temporaire ou définitif ? Mystère…)

Bushman Rock Estate, où safari & vin cohabitent en parfaite harmonie.

Nous avons eu la chance de passer quelques jours à Bushman Rock Safaris and Wine Estate, un domaine viticole qui a débuté dans les  années 30 (avec des premiers vins commercialisés dans les années 60). La propriété de 102 hectares fut acheté par un ingénieur civil, Mr. D.C. Mullins en 1949. Sa vision était de réaliser un vignoble de style européen. Aidé de son épouse et de sa famille, il construisit un domaine de toutes pièces, mettant en place un vignoble de 12 hectares avec système d’irrigation, ce qui en fit l’un des premiers vignobles dans le pays.

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En 2007, une joint-venture fut créée entre les deux familles qui possédaient des propriétés adjacentes et le concept de “Busman Rock Safaris” naquit.
Les deux familles développèrent Bushman Rock en y alliant vignoble et préservation de la faune et de la flore, préservant la beauté naturelle de la vallée tout en travaillant à la production de vins de qualité. Au cours des 13 dernières années, ils replantèrent et étendirent le vignoble avec de nouveaux « cépages nobles“ importés du Cap, comme le Sémillon, le Sauvignon blanc, le Merlot, la Syrah, le Cabernet Sauvignon et le Cabernet Franc, ajoutant un système de goutte à goutte et un re-palissage des vignes .

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En tant que programme de préservation de la nature du Zimbabwe, ils introduirent dans le domaine 13 des plus belles espèces de la faune africaine : Girafes, Elands, Hippotragues noirs, Grand koudou, Nyala, Bubale de Liechtenstein, Tssesebes, Gnous, Zèbres, Impalas, Guib harnaché, Cobes à croissant et Cephalophinae. Des installations furent également créées pour répondre au tourisme équin avec l’accent mis sur le polo, mais aussi le saut et le dressage en arène: création de la Polo Arena, un terrain de de polo de taille internationale, d’un restaurant et d’une salle de conférence pour les séminaires, ainsi qu’une chapelle pittoresque pour les mariages .

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Les vins du domaine Bushman Rock.

La gamme Bushman Rock se compose de 9 vins; 4 d’entre eux ont particulièrement retenu notre attention :
Dry White 2010, un assemblage de Semillon, Sauvignon blanc et Perel (un cépage blanc d’Israël), élevé 6 mois dans des barriques françaises de 3 vins.  Un nez d’agrumes, de poire et de menthe fraiche. Frais et fruité en bouche avec une amertume délicate en finale. Structuré avec 12,5 % d’alcool. Un très joli marriage avec des asperges, par exemple. Prix caveau : $4,5 (environ 3.30€)
Charlevale 2010, un assemblage de Semillon (60%), Sauvignon blanc (35%) et Moscatel (5%), élevé 12 mois dans des barriques françaises et américaines de 3 vins.  Nez d’acacia, de miel et de fleurs blanches. Frais et équilibré en bouche avec une finale sur les agrumes. 13% d’alcool. Accompagne très bien un fromage de chèvre. Prix caveau : $7 (environ 5.10€)
Alicante Bouschet 2008, un vin rouge élaboré avec de l’Alicante Bouschet, un ancien cépage dit “tinturier“ (dont le rôle premier était d’apporter de la couleur au vin final) et que l’on trouve dans le sud de la France. Elevé 24 mois dans des barriques françaises de 3 vins. Nez de fraise. Léger en bouche, tend vers la groseille à maquereau. Frais et équilibré. S’accordera bien avec un poulet rôti. Prix caveau : $6 (environ 4.40€)
Merlot 2010, un 100% Merlot élevé 24 mois dans des barriques françaises de 3 vins. Nez de prune et de myrtille. Tannins souples et soyeux en bouche avec une finale sur les fruits noirs. Parfait avec un steak juteux sauce au poivre et des frites maison. Prix caveau : $6 (environ 4.40€)

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« Dans un avenir proche nous allons réduire la gamme de vins et nous concentrer davantage sur des produits clés comme le Charlevale ou l’Alicante Bouschet. Grâce à cela, nous espérons acquérir plus de précision et de concentration dans nos vins, pour augmenter fortement leur qualité », nous a confirmé Jonathan Passaportis, directeur général. L’arrivée de Nelia Kanyasa dans l’équipe, oenologue de renommée internationale et responsable de la vigne et du chai à Bushman rock Estate depuis 2013, va aider à aller dans ce sens.

Les autres blancs que nous avons dégustés sont Hanne 2009 (100% Hannepoot) et Moscato 2010. Pour les rouges: Syrah 2009, Cabernet Sauvignon Reserve 2009 et Stellagallen 2009 (un assemblage de Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet franc).

WineExplorers’ment votre,
JBA

Pour plus d’informations : www.bushmanrock.com

* “Encyclopedia of Wine”, ©Global Book Publishing Pty Limited 2000

 

 

Quand (désert) Namibien rime avec Vin

Départ de l’aventure namibienne à Upington, dans la Orange River, à la limite entre l’Afrique du Sud et la Namibie. Passage de frontière opéré, en route pour un périple en voiture long de 2600 km !

Sud de la Namibie - 40° degrés dans l'air

Sud de la Namibie – 40° degrés dans l’air


La Namibie est une succession de cartes postales. Un patchwork à ciel ouvert. Des étendues arides du sud, aux dunes de l’ouest – les plus vieilles dunes au monde, datant de plus de 3 millions d’années, en passant par les montagnes du nord et les contrées verdoyantes à l’est, chaque paysage rivalise de beauté et vous laisse rêveur. Le pays compte 2,11 millions d’habitants pour 825 418 km2* (30 fois moins d’habitants qu’en France pour un territoire 20% plus grand)…et cerise sur le gâteau : 4 domaines viticoles !

Difficile de produire du vin lorsque la saison des pluies est en été (principalement janvier-février, à l’approche des vendanges) et qu’il fait en moyenne 40°c…mais loin d’être impossible. La preuve.

1ère étape : Neuras Wine and Wildlife Estate
Bienvenue en plein milieu du désert namibien. A 1200m d’altitude et à 80km des dunes mythiques de Sossusvlei, le domaine Neuras compte un peu moins de 2 hectares de vigne pour une production annuelle de 3000 bouteilles. Neuras fait partie de la fondation Naankuse, qui aide à la préservation et à la réinsertion d’animaux sauvages comme le léopard, et dans laquelle Brad Pitt et Angélina Jolie sont impliqués, leur fille Shiloh Nouvel, étant né en Namibie à Swakopmund. Les vignes furent plantées en 1997 et le premier millésime date de 2001. Deux cuvées : Neuras Shiraz (100% Shiraz) et Namib Red (un  assemblage 80% Shiraz, 20% Merlot). Agréable surprise pour ces deux vins rouges élevés 9 mois en barrique de 2 à 4 vins et titrant à 13,5% d’alcool. La bouche est légère mais le fruit est présent, ce qui donne des vins frais et de plaisir immédiat. Vins à déguster sur place avec une pièce de bœuf namibienne, juteuse et cuite sur la braise !
Plus d’informations : http://www.naankuse.com/neuras-estate-of-naankuse

Neuras Wine and Wildlife Estate

Neuras Wine and Wildlife Estate


2ème étape : Kristall Kellerei Winery
Une sacrée histoire pour ce domaine de 4,5 hectares créé en 1990 par Helmuth Kluge, pionnier de la viticulture moderne en Namibie, et repris en mars 2008 par Katrin et Michael Weder, un couple adorable qui nous a accueilli 3 jours pour que nous puissions expérimenter les vendanges avec eux. Un grand moment ! Nous sommes ici à Omaruru, à 200 km au nord ouest de Windhoek, la capitale. C’est là, à 1400 mètres d’altitude, que la production de vin et la distillation de brandy – à base de raisins mais aussi de plantes – cohabitent en parfaite harmonie. D’ailleurs le Colombard, le cépage dominant du domaine, sert à la production des deux. Leur blanc, Rüppel’s Parrot, un 100% Colombard léger, qui tend vers des notes d’agrumes et de poire, est un parfait rafraîchissement. Le rouge du domaine, Paradise Flycatcher, est un assemblage de Tintat Baroca (30%), Shiraz (25%), Ruby Cabernet (25%), Malbec (15%) et Pinotage (5%). Son nez de pruneau rappelle les arômes du Porto. Un vin qui se laisse boire facilement.
La spécialité maison : MATISA Prickly-Pear, un brandy à base de fleurs de cactus du domaine !
Plus d’informations : www.kristallkellerei.com

Vendanges @ Kristall Kellerei

Vendanges @ Kristall Kellerei


3ème et dernière étape : la région d’Otavi, territoire des babouins
Nous sommes encerclés de montagnes, à 1300 mètres d’altitude. A la nuit tombée la fraîcheur se fait sentir. Au loin on entend les babouins crier, c’est impressionnant. Devant nous, à seulement 1,5km de distance, deux domaines viticoles se font face.
Tonningii Wynkelder, créé en 1990 et dont les vignes furent plantées en 1998 est le plus vieux domaine d’Otavi. C’est également la ferme du Docteur Boshoff, un homme touchant et proche de la nature. Le matin, le Docteur Boshoff consulte dans son cabiner d’Otavi. C’est une star locale dans la région, tous les africains le connaissent. L’après-midi, il troque sa blouse pour une casquette et file au pas de course dans son domaine, à 10km de là, pour s’occuper de son vignoble, sa 2ème passion, mais également prendre soin de ses poules, de ses cochons et de ses vaches. Il a même recueilli un bébé élan il y a quelques années, auquel il a coupé les bois pour ne pas qu’il blesse sa femme. Car les deux sont inséparables. Un médecin-fermier-vigneron en Namibie… j’adore ! Son vin : 1 petit hectare de Shiraz pour une cuvée unique. “Bien sûr il y a un peu de Cabernet Sauvignon, de Pinotage, de Merlot et de Chardonnay, mais c’est juste pour le plaisir d’expérimenter, je ne les mets pas en bouteilles“, nous raconte-t-il avec humour.

Dr. Boshoff & son élan

Dr. Boshoff & son élan


De l’autre côté de la voie de chemin de fer, au bout d’un chemin envahi par les herbes hautes, se trouve le domaine Montavi, tenu par Laurent Evrard & Stefan and Martha Schulz, un binôme franco-allemand. La semaine ils travaillent et vivent à la capitale. Le week-end, ils prennent la voiture et parcourent les 360 km qui les séparent du domaine, juste pour la passion du vin. Pour le moment leur Syrah, Mourvèdre, Viognier et leur Cabernet –Sauvignon ne sont pas commercialisés. Les vins n’ont même pas d’étiquette ! Ces deux passionnés ont appris sur le tas et s’amusent. “Chaque année nous apprenons un peu plus, nous achetons des équipements supplémentaires. Pas à pas nous évoluons, toujours en prenant du plaisir“, nous dit Laurent. Un jour peut-être, ils commercialiseront. Nous avons passé le week-end avec eux à vendanger le Cabernet Sauvignon et le mourvèdre. Un très bon moment. Un vin de copains. Et scoop pour Wine Explorers : le millésime 2013 sera à la vente au printemps !

La Namibie n’est pas (encore) une grande nation du vin. Mais les apprentis-vignerons que nous avons rencontré nous ont tous démontré une chose: quand on a le coeur sur la main, on peut faire du bon vin !

Paysage désertique Namibie
Un dernier stop à Windhoek pour apprécier une bière chez Joe’s Beerhouse, le spot branchouille et incontournable de la capitale. Une bonne nuit de repos suivi d’un fantastique petit déjeuner en pleine campagne chez Voigtland Guesthouse, à  quelques kilomètres de l’aéroport international Hosea Kutako de Windhoek. Et nous voilà repartis. Direction le Zimbabwe !

 WineExplorers’ment votre,
JBA

 *source : wikipedia